Accueillis au Terminal 2 de l’aéroport Félix Houphouët-Boigny par la Direction générale des Ivoiriens de l’extérieur (DGIE) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), ils ont livré des récits qui illustrent les dangers de la migration clandestine.
Des parcours marqués par les arrestations et les violences
Leur voyage a pourtant rapidement tourné à l’épreuve. Traversée du désert, détentions en Libye et refoulements à la frontière nigérienne ont jalonné leur parcours.
Arnaud Adou, 36 ans, garde notamment le souvenir des conditions de vie difficiles rencontrées dans les pays traversés. Il évoque des discriminations et des conditions de travail particulièrement éprouvantes.
Après cette expérience, il dit avoir changé de regard sur le départ clandestin. Son message aux jeunes est désormais clair : mieux vaut construire son avenir en Côte d’Ivoire que risquer sa vie sur les routes migratoires.
Sissoko Mamadou partage cette conclusion. Après une tentative de traversée de la Méditerranée, communément appelée « Boza », il a également connu plusieurs périodes d’emprisonnement en Libye.
De retour au pays, il souhaite désormais repartir sur de nouvelles bases. Son projet porte notamment sur l’élevage de volailles et de ovins.
Un dispositif ivoirien pour accompagner le retour
Face aux difficultés rencontrées par les migrants de retour, les autorités ivoiriennes ont renforcé leur dispositif d’accueil avec l’appui de l’OIM.
Le mécanisme mobilise 14 structures publiques. Il commence par une phase d’identification et de profilage au Centre d’instruction de la police (CIP).
Cette étape permet de vérifier la situation de chaque bénéficiaire avant la mise en place de l’accompagnement. La DGIE assure la coordination du processus, tandis que la Direction de la surveillance du territoire (DST) et la police scientifique interviennent dans les contrôles documentaires, biométriques et sécuritaires.
Les autorités accordent aussi une attention particulière aux risques liés aux zones de transit. Certains migrants peuvent notamment être exposés à des tentatives de recrutement par des groupes armés.
Une aide immédiate est prévue pour permettre aux personnes rapatriées de rejoindre leurs familles. Elle peut ensuite être prolongée par un accompagnement à la réintégration durant une période pouvant atteindre 18 mois.
Le dispositif vise ainsi à faciliter le retour à une vie stable et à favoriser la réinsertion socio-professionnelle des bénéficiaires.
Miser sur les opportunités locales
À travers ce nouveau retour, les autorités ivoiriennes réaffirment leur volonté de porter assistance aux ressortissants confrontés à des situations difficiles à l’étranger.
La DGIE rappelle toutefois que la migration régulière reste possible et légitime. Elle distingue cette voie de la migration clandestine, qui expose les candidats au départ à de nombreux dangers.
Les témoignages des 135 rapatriés mettent en lumière une réalité souvent éloignée des promesses faites aux candidats à l’exil. Derrière l’espoir d’une vie meilleure peuvent se cacher la détention, les violences, les discriminations et des conditions de survie précaires.
Pour les autorités, l’enjeu consiste donc aussi à convaincre les jeunes de privilégier les dispositifs nationaux d’insertion et les possibilités offertes en Côte d’Ivoire.