Après la CEI dissoute, Mambé présente un nouvel organe électoral


Mardi 23 Juin 2026

Le Premier ministre Mambé a réuni le 22 juin 2026 partis et société civile pour présenter le projet d'organe électoral après la dissolution de la CEI.



Après la CEI dissoute, Mambé présente un nouvel organe électoral © Crédit photo DR
Le Premier ministre Robert Beugré Mambé a réuni le lundi 23 juin 2026 à Abidjan les partis politiques et les représentants de la société civile pour présenter la feuille de route du gouvernement en matière électorale. La rencontre fait suite à la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI) le 6 mai 2026. L'objectif annoncé : poser les bases d'un nouvel organe de gestion des élections, plus consensuel et structurellement différent de l'institution dissoute.

Selon les éléments présentés lors de cette séance d'information, la future architecture électorale ne sera plus portée par une structure unique. Le projet gouvernemental prévoit trois entités distinctes : un organe technique chargé de l'organisation matérielle des scrutins, un organe de supervision garant de l'équité du processus, et un organe de recensement des votes. Le Premier ministre a précisé que le futur dispositif devra reposer sur trois exigences : rigueur dans le comptage des voix, fiabilité à chaque étape du processus et neutralité absolue dans son fonctionnement.

Lire aussi : Dissolution de la CEI : ce que proposent des partis de l'opposition ivoirienne

Robert Beugré Mambé a justifié cette refonte en soulignant qu'aucun modèle institutionnel n'est définitif. « Nous voulons que l'Ivoirien qui se rend au bureau de vote soit davantage sûr que sa voix compte », a-t-il déclaré devant les participants. La rencontre a réuni des figures de l'ensemble du spectre politique ivoirien : Cissé Bacongo pour le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), Simone Ehivet Gbagbo pour le Mouvement des Générations Capables (MGC), Pascal Affi N'Guessan pour le Front Populaire Ivoirien (FPI), Charles Blé Goudé pour le Congrès Panafricain pour la Justice et l'Égalité des Peuples (COJEP) et Philippe Ezaley, vice-président du Parti Démocratique de Côte d'Ivoire — Rassemblement Démocratique Africain (PDCI-RDA).

L'opposition salue le dialogue mais attend le texte

L'initiative a été unanimement saluée dans son principe, mais les partis d'opposition ont conditionné toute prise de position formelle à la réception du projet de loi. Pascal Affi N'Guessan a qualifié les annonces d'« innovations » et indiqué que le FPI formulerait des propositions pour aboutir à un organe consensuel. Charles Blé Goudé a rappelé que l'ancienne CEI était « décriée » et dit attendre « dans les prochaines semaines » un exposé précis du dispositif envisagé. Philippe Ezaley a lui aussi réservé toute position formelle à la réception de « la version écrite du nouvel organe ».

Le gouvernement devrait déposer prochainement son projet de loi pour ouvrir la phase de négociations législatives. La dissolution de la CEI en mai 2026 avait déjà suscité des réactions contrastées au sein de la classe politique, certains partis réclamant une réforme profonde du cadre électoral avant les prochains scrutins nationaux.

Diplômé de l'École supérieure de journalisme de Lille (ESJ Lille), avec une spécialisation en… En savoir plus sur cet auteur

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