Burkina Faso : Alain Lobognon critique l'autoritarisme militaire © Crédit photo DR
Alain Lobognon, ancien ministre de l'Économie numérique et de la Transformation digitale de la Côte d'Ivoire (2016-2020), a publié un texte d'opinion le 04 avril critiquant vigoureusement le gouvernement militaire du Burkina Faso dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré (au pouvoir depuis septembre 2022).
Lobognon accuse le régime burkinabè de détourner l'attention des échecs internes en multipliant les attaques rhétoriques contre la Côte d'Ivoire. Selon lui, les critiques répétées du Burkina Faso à l'égard de la politique ivoirienne (notamment sur les questions électorales et les droits de l'homme) servent à masquer l'incapacité du régime à endiguer l'insurrection armée et le terrorisme transnational qui ravagent le pays.
Lire aussi : Affaire fraude électorale 2010 : Alain Lobognon défend l'intégrité de Beugré Mambé et contre-attaque
Le contexte du Burkina Faso justifie cette analyse. Depuis 2015, le Burkina Faso connaît une insurrection croissante menée par des groupes affiliés à Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQIM) et l'État islamique au Sahel (ISIS). Le nombre de décès liés au conflit est passé de 689 en 2015 à environ 3 600 en 2023 (données Global Terrorism Index). L'insurrection a forcé le déplacement d'environ 2 millions de personnes (17% de la population). Trois coups d'État militaires depuis 2021 (janvier 2022, juin 2022, septembre 2022) reflètent l'instabilité politique chronique.
Lobognon accuse le régime burkinabè de détourner l'attention des échecs internes en multipliant les attaques rhétoriques contre la Côte d'Ivoire. Selon lui, les critiques répétées du Burkina Faso à l'égard de la politique ivoirienne (notamment sur les questions électorales et les droits de l'homme) servent à masquer l'incapacité du régime à endiguer l'insurrection armée et le terrorisme transnational qui ravagent le pays.
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Autoritarisme militaire et comparaison coloniale
Lobognon établit un parallèle entre le Burkina Faso actuel et sa période coloniale sous domination française (1895-1960), nommée "Haute-Volta". Il affirme que l'autoritarisme militaire actuel reproduit les mécanismes d'oppression de l'époque coloniale : suppression des libertés publiques, muselage de la presse, arrestations arbitraires, imposition d'une idéologie d'État.
Le régime Traoré a effectivement : (1) dissous l'Assemblée nationale en septembre 2022, (2) suspendu les activités des partis politiques, (3) emprisonné ou exilé plusieurs journalistes et opposants politiques, (4) installé une censure de facto des médias privés, (5) promulgué des décrets restreignant les rassemblements publics. Ces mesures contrastent avec la promesse initiale d'une "transition rapide" vers un régime démocratique.
Lobognon cite Thomas Sankara, ancien leader révolutionnaire du Burkina Faso (1983-1987), comme référence contre l'autoritarisme. Bien que souvent invoqué par la junte actuelle pour légitimer son projet "panafricain", Sankara combattait l'arbitraire et l'oppression, non pour les remplacer par un nouveau régime répressif mais pour instaurer des institutions de contrôle démocratique.
La critique de Lobognon adresse aussi un message aux partenaires régionaux de la Côte d'Ivoire. Depuis 2020, le Burkina Faso a dénoncé publiquement la Côte d'Ivoire sur plusieurs dossiers : la présidence de Alassane Ouattara, les tensions avec le Mali, la gestion des réfugiés. Ces critiques interviennent alors que le Burkina Faso lui-même fait face à des accusations internationales (droits de l'homme) formulées par Amnesty International et Human Rights Watch.
Lire aussi : Côte d'Ivoire : Deux ans de prison pour deux proches de Soro
Ce texte reflète une tension géopolitique accrue en Afrique de l'Ouest. La Côte d'Ivoire, stable politiquement et économiquement dynamique depuis 2011, contraste fortement avec le Mali et le Burkina Faso, tous deux dominés par des régimes militaires depuis 2021-2022. Cette divergence des trajectoires politiques alimente les critiques croisées et les positionnements idéologiques (démocratie libérale vs. autoritarisme "panafricain").
Lobognon conclut en affirmant que l'Afrique n'a pas besoin de "nouveaux maîtres en treillis" mais d'institutions solides et de peuples libres de choisir leur destin. Cette formulation reprend un argumentaire classique de défense des institutions démocratiques contre les coups d'État et l'autoritarisme militaire en Afrique.
Le régime Traoré a effectivement : (1) dissous l'Assemblée nationale en septembre 2022, (2) suspendu les activités des partis politiques, (3) emprisonné ou exilé plusieurs journalistes et opposants politiques, (4) installé une censure de facto des médias privés, (5) promulgué des décrets restreignant les rassemblements publics. Ces mesures contrastent avec la promesse initiale d'une "transition rapide" vers un régime démocratique.
Lobognon cite Thomas Sankara, ancien leader révolutionnaire du Burkina Faso (1983-1987), comme référence contre l'autoritarisme. Bien que souvent invoqué par la junte actuelle pour légitimer son projet "panafricain", Sankara combattait l'arbitraire et l'oppression, non pour les remplacer par un nouveau régime répressif mais pour instaurer des institutions de contrôle démocratique.
La critique de Lobognon adresse aussi un message aux partenaires régionaux de la Côte d'Ivoire. Depuis 2020, le Burkina Faso a dénoncé publiquement la Côte d'Ivoire sur plusieurs dossiers : la présidence de Alassane Ouattara, les tensions avec le Mali, la gestion des réfugiés. Ces critiques interviennent alors que le Burkina Faso lui-même fait face à des accusations internationales (droits de l'homme) formulées par Amnesty International et Human Rights Watch.
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Lobognon conclut en affirmant que l'Afrique n'a pas besoin de "nouveaux maîtres en treillis" mais d'institutions solides et de peuples libres de choisir leur destin. Cette formulation reprend un argumentaire classique de défense des institutions démocratiques contre les coups d'État et l'autoritarisme militaire en Afrique.