CEDEAO-AES : Ouattara reçoit le médiateur Lansana Kouyaté à Abidjan


Jeudi 30 Avril 2026

Le président Alassane Ouattara a reçu jeudi 30 avril 2026 l'ancien Premier ministre guinéen Lansana Kouyaté, nommé négociateur en chef entre la CEDEAO et l'AES.



Ouattara reçoit le médiateur CEDEAO-AES Lansana Kouyaté © Crédit photo DR - Yessouan.ci
Le président de la République, Alassane Ouattara, a accordé une audience jeudi 30 avril 2026 à Lansana Kouyaté, ancien Premier ministre de Guinée désigné négociateur en chef entre la Communauté Économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et l'Alliance des États du Sahel (AES). Ce dernier venait informer officiellement le chef de l'État ivoirien du démarrage de sa mission et recueillir ses orientations pour conduire la médiation.

La rencontre intervient dans un contexte de rupture institutionnelle consommée. Depuis le 29 janvier 2025, le Burkina Faso, le Mali et le Niger — membres de l'AES — ont quitté la CEDEAO, entraînant une redéfinition des règles de circulation des personnes et des marchandises dans l'espace ouest-africain. Les trois pays, désormais organisés en confédération, ont parallèlement développé de nouveaux partenariats internationaux et mis en place un dispositif sécuritaire autonome dans la zone du Liptako-Gourma.

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Malgré la séparation politique, des discussions informelles entre représentants des deux blocs ont eu lieu fin avril 2026 à Lomé, au Togo. Ces échanges, perçus comme une forme de diplomatie parallèle, n'ont pas valeur de négociation officielle, mais signalent une volonté de gérer les interdépendances persistantes entre les deux espaces — notamment sur le plan logistique, sécuritaire et financier.

Une médiation sur fond d'enjeux régionaux complexes

La mission de Lansana Kouyaté s'inscrit dans ce contexte tendu où la CEDEAO cherche à maintenir des liens techniques avec l'AES, notamment via la Banque d'Investissement et de Développement de la CEDEAO (BIDC), pour préserver des projets d'infrastructure régionaux. 

L'avenir de la monnaie commune ECO, prévue pour 2027, figure parmi les dossiers directement fragilisés par la scission. La Côte d'Ivoire, membre fondateur et première économie de la zone, est directement concernée par toute recomposition de l'architecture régionale ouest-africaine.

Diplômé de l'École supérieure de journalisme de Lille (ESJ Lille), avec une spécialisation en… En savoir plus sur cet auteur

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