Cacao : le PPA-CI dénonce la gestion des stocks invendus

Vendredi 3 Avril 2026

Le PPA-CI a fustigé, jeudi 2 avril 2026, la politique cacaoyère du gouvernement, pointant les pertes financières des planteurs face aux stocks invendus.


Cacao : le PPA-CI dénonce la gestion des stocks invendus © Crédit photo DR
Le Parti des peuples africains - Côte d'Ivoire (PPA-CI) a vivement critiqué la gestion de la filière cacao par le gouvernement lors de sa tribune hebdomadaire, organisée le jeudi 2 avril 2026 à Abidjan. Justin Katinan Koné, président du Conseil stratégique et politique du parti d'opposition, a dénoncé l'application du nouveau prix d'achat de la petite campagne (1 200 FCFA le kilogramme) aux stocks invendus de la grande campagne, dont le tarif avait été initialement fixé à 2 800 FCFA.

Selon l'ancien ministre, cette décision administrative engendre de graves déficits pour les coopératives agricoles ivoiriennes. Le PPA-CI estime que des dizaines de milliers de tonnes de fèves de cacao (entre 60 000 et 123 000 tonnes selon les sources) restent bloquées dans les magasins de stockage à l'intérieur du pays.

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Cette situation expose directement les producteurs ruraux à des risques de détérioration de la qualité du produit et à un endettement massif auprès de leurs créanciers. L'opposition accuse le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) d'avoir fixé un prix de 2 800 FCFA en octobre 2025 sans prévoir les mécanismes financiers nécessaires pour absorber la production en cas de fluctuation des cours mondiaux.

Appel à une libéralisation de la filière

Face à la détresse financière des acteurs ruraux, le PPA-CI remet en cause le système actuel de stabilisation des prix géré par le Conseil café-cacao. Justin Katinan Koné a plaidé pour une libéralisation du secteur, arguant que le mécanisme étatique de vente par anticipation ne protège plus les paysans lors des chutes tarifaires brutales.

Pour compenser le manque à gagner des paysans, le parti propose l'instauration d'une taxe indirecte de solidarité prélevée sur l'ensemble de la chaîne de valeur de l'industrie chocolatière. Cette manne financière serait directement allouée à l'amélioration des conditions de vie des producteurs ivoiriens. 

La Côte d'Ivoire, premier producteur mondial de cacao, tire une part essentielle de son budget de ce secteur : l'État prévoit de collecter 265 milliards de FCFA de recettes fiscales sur l'exportation des fèves pour l'année 2026.
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Diplômé de la prestigieuse École supérieure de journalisme de Lille (ESJ Lille), avec une… En savoir plus sur cet auteur