Côte d'Ivoire : 3 313 CPE protègent les enfants en zones cacaoyères

Dimanche 5 Avril 2026

De 700 en 2018 à 3 313 en 2024, les Comités de Protection de l'Enfant se déploient dans les villages ivoiriens pour lutter contre le travail des enfants.


Côte d'Ivoire : 3 313 CPE protègent les enfants en zones cacaoyères © Crédit photo DR
Le gouvernement ivoirien a multiplié par quatre le nombre de Comités de Protection de l'Enfant (CPE) en six ans : ces structures communautaires bénévoles sont passées de 700 unités en 2018 à 3 313 en 2024, selon le bilan officiel. Déployés en priorité dans les zones rurales et agricoles, les CPE ont pour mission d'identifier les enfants en situation de vulnérabilité, de signaler les abus et de favoriser leur maintien à l'école.

À Zaguiéta, dans le département de Bouaflé (région de la Marahoué, centre-ouest), le CPE local recense les enfants sans acte de naissance pour permettre à l'État de régulariser leur situation, et signale les cas de mariage forcé à la direction régionale de la Femme, de la Famille et de l'Enfant. « Nous signalons également les cas de mariage forcé ainsi que toutes les autres formes de violences faites aux enfants », indique Trazié Bi Tiessé, président du CPE de Zaguiéta. Amadou Koffi, directeur régional de la Femme, de la Famille et de l'Enfant de la Marahoué, souligne l'utilité de ces comités dans une zone à forte pression agricole : la région compte 80 CPE actifs à mars 2026.

Des réunions hebdomadaires pour maintenir les enfants à l'école

À Kirifi, dans le département d'Abengourou (région de l'Indénié-Djuablin, est), les membres du CPE tiennent des réunions hebdomadaires pour détecter les situations à risque. La région comptait 60 CPE à juin 2025. Cécile Adagra, responsable du CPE de Kirifi, affirme qu'aucun enfant en âge scolaire n'est employé dans les champs du village.

Lire aussi: Analphabétisme en Côte d'Ivoire : le ministre N'Guessan Koffi lance la relance de la politique nationale d'alphabétisation

La Côte d'Ivoire est le premier producteur mondial de cacao, avec une production annuelle d'environ 2,2 millions de tonnes. Le secteur est historiquement associé au travail des enfants, une problématique que les autorités ivoiriennes et les partenaires internationaux cherchent à réduire dans le cadre des engagements pris avec les pays importateurs, notamment ceux de l'Union européenne, dont le règlement anti-déforestation intègre désormais des critères sociaux.
Dans la même rubrique :
Diplômé de la prestigieuse École supérieure de journalisme de Lille (ESJ Lille), avec une… En savoir plus sur cet auteur