Côte d’Ivoire-Ghana : l’alerte sur la baisse de la teneur en cacao dans le chocolat


Jeudi 13 Aout 2026

Côte d’Ivoire et Ghana dénoncent les substituts au cacao dans certains chocolats et réclament plus de transparence pour protéger les producteurs.



La Côte d’Ivoire et le Ghana veulent renforcer la transparence dans l’industrie du chocolat. Les deux grands pays producteurs de cacao s’inquiètent de la multiplication des produits contenant moins de cacao ou utilisant des ingrédients de substitution.


À travers l’Initiative Cacao Côte d’Ivoire-Ghana (ICCIG), ils demandent une meilleure information des consommateurs et une valorisation plus juste du travail des producteurs.

L’ICCIG dénonce des pratiques qui fragilisent la filière cacao

Dans une déclaration publiée le 12 août 2026 à Accra, l’ICCIG a fait part de ses préoccupations face à la progression des substituts du cacao. L’organisation pointe également les reformulations de produits présentés comme du chocolat.

Pour la Côte d’Ivoire et le Ghana, cette évolution intervient dans un contexte particulier. Les producteurs doivent désormais répondre à des exigences renforcées en matière de durabilité, de traçabilité et de conformité.
 

Les deux pays estiment donc nécessaire de préserver une cohérence entre ces efforts et la composition réelle des produits vendus aux consommateurs. Ils souhaitent notamment que toute modification de la teneur en cacao soit communiquée de manière claire.
 

Cette position s’inscrit dans une dynamique politique engagée depuis plusieurs mois. Le 16 juin 2026 à Abidjan, Alassane Ouattara et John Dramani Mahama avaient réaffirmé leur volonté de construire une économie cacaoyère plus équitable.
 
La veille, la 7ᵉ session du comité de pilotage de l’ICCIG avait abordé plusieurs dossiers majeurs. Les échanges concernaient notamment la commercialisation, les maladies du cacao, la norme ARS 1000, la transformation locale et l’ouverture de l’initiative à d’autres pays producteurs.
 


Une demande de transparence et de responsabilité partagée

Pour l’ICCIG, l’innovation dans le secteur chocolatier doit rester compatible avec les principes de transparence. L’organisation souhaite notamment que les consommateurs puissent connaître précisément la nature et la composition des produits qu’ils achètent.
 

Elle appelle aussi à une meilleure cohérence entre les arguments environnementaux, sociaux ou éthiques utilisés pour promouvoir certains produits et leur teneur effective en cacao.
 

Cette question prend une importance particulière pour les producteurs ivoiriens et ghanéens. Ceux-ci réalisent des investissements importants afin de répondre aux nouvelles règles internationales sur la déforestation, la traçabilité et les normes sociales.
 

L’ICCIG demande ainsi aux régulateurs, aux industriels, aux distributeurs et aux organismes de normalisation d’ouvrir une concertation approfondie. L’objectif est d’évaluer les conséquences économiques et sociales des substitutions sur l’ensemble de la filière.
 

L’organisation propose également de renforcer l’information du public, d’encadrer plus strictement les dénominations des produits et d’étudier l’impact des reformulations sur la demande mondiale de cacao.
 
Elle souhaite enfin la mise en place d’un cadre permanent réunissant les différents acteurs de la chaîne de valeur.



Dans la même rubrique :