Cette arrivée marque une nouvelle étape pour les Forces armées de Côte d’Ivoire (FACI). Elle intervient alors qu’Abidjan cherche à renforcer ses moyens de surveillance et à diversifier ses partenariats militaires.
Les FACI dévoilent deux Wing Loong II à Bouaké
L’acquisition remonte à juin 2024. Le ministère ivoirien de la Défense avait alors annoncé un accord avec China National Aero-Technology Import & Export Corporation (CATIC). Le contrat portait sur des « vecteurs aériens de dernière génération », sans préciser leur modèle ni leur nombre.
Deux ans plus tard, le type d’appareil est désormais connu. Une vidéo diffusée par les FACI le 10 août montre deux Wing Loong II sur une base aérienne de Bouaké, selon Janes.
Les drones apparaissent sans armement visible. Leur rôle ne se limite toutefois pas à l'observation. Lors du défilé militaire du 7 août, les autorités avaient évoqué des capacités de surveillance électronique, ainsi que la possibilité d’emporter des missiles et des bombes.
Le nombre total de drones livrés reste inconnu. Les informations publiques permettent seulement de confirmer la présence d’au moins deux appareils. Le montant du contrat n’a pas non plus été communiqué.
Le Wing Loong II appartient à la catégorie des drones MALE, pour « moyenne altitude, longue endurance ». Fabriqué en Chine par Chengdu Aircraft Industry, il mesure environ 11 mètres et affiche une envergure de 20,5 mètres.
Son autonomie constitue l’un de ses principaux atouts. Selon sa configuration, l’appareil peut voler jusqu’à environ 32 heures. Il peut aussi utiliser une liaison satellitaire pour mener des missions éloignées de sa station de contrôle.
Un drone conçu pour le renseignement et l’appui aux opérations
Le Wing Loong II combine plusieurs fonctions militaires. Il peut assurer la surveillance, collecter du renseignement et effectuer des missions de reconnaissance. Selon sa configuration, il peut également participer à des opérations d’attaque.
L’appareil peut transporter environ 480 kg de charge utile. Plusieurs points d’emport permettent d’installer différents équipements sous les ailes.
Ses systèmes électro-optiques et infrarouges peuvent notamment servir à détecter, suivre et identifier des objectifs. Les équipements effectivement fournis aux forces ivoiriennes restent cependant inconnus dans leur totalité.
L’un des drones observés à Bouaké portait un pod sous le fuselage. Janes estime qu’il pourrait s’agir d’un système destiné au renseignement électromagnétique, notamment de type COMINT. Les autorités ivoiriennes n’ont pas confirmé cette identification.
Cette acquisition intervient dans un contexte sécuritaire particulier. Abidjan cherche notamment à améliorer la surveillance de ses frontières septentrionales et à renforcer ses moyens face aux groupes armés actifs dans la région.
Elle traduit aussi une volonté de diversifier les fournisseurs militaires de la Côte d’Ivoire. Le pays a notamment acquis des systèmes français de lutte contre les drones et signé un accord de coopération militaire avec la Turquie en 2024.
L’arrivée du matériel chinois élargit donc les partenariats de défense d’Abidjan. Elle intervient après plusieurs années de coopération militaire étroite avec la France.