Faye-Sonko, Toh Bi Irié avait anticipé la rupture © Crédit photo DR
Vincent Toh Bi Irié, ancien préfet d'Abidjan, a publié mercredi 27 mai 2026 une mise en perspective de la crise politique sénégalaise, en s'appuyant sur une réflexion qu'il avait rendue publique sur sa page Facebook le 27 mars 2024, au lendemain de l'élection du tandem Bassirou Diomaye Faye – Ousmane Sonko.
Dans ce texte de 2024, l'ancien haut fonctionnaire ivoirien décrivait point par point les tensions qui surgissent inévitablement dans un exécutif bicéphale : opposition entre légalité présidentielle et légitimité populaire, divergences idéologiques au contact des réalités de terrain, pression des entourages respectifs, et tentation hégémonique du parti sur l'État. Il évoquait notamment le risque que « les supporters obscurs appellent à la vendetta » et que des conseillers poussent les deux hommes vers un affrontement inutile.
Lire aussi : CEI dissoute, Vincent Toh Bi Irié réagit: "On n'aura rien résolu par une seule dissolution"
Deux ans après, la rupture entre le président Faye et Sonko — désormais à la tête de l'Assemblée nationale — lui donne l'occasion de revenir sur ce diagnostic. Pour Toh Bi Irié, la trajectoire sénégalaise illustre une constante de la vie politique africaine : les mêmes configurations institutionnelles produisent les mêmes fractures, indépendamment des personnalités.
Dans ce texte de 2024, l'ancien haut fonctionnaire ivoirien décrivait point par point les tensions qui surgissent inévitablement dans un exécutif bicéphale : opposition entre légalité présidentielle et légitimité populaire, divergences idéologiques au contact des réalités de terrain, pression des entourages respectifs, et tentation hégémonique du parti sur l'État. Il évoquait notamment le risque que « les supporters obscurs appellent à la vendetta » et que des conseillers poussent les deux hommes vers un affrontement inutile.
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Deux ans après, la rupture entre le président Faye et Sonko — désormais à la tête de l'Assemblée nationale — lui donne l'occasion de revenir sur ce diagnostic. Pour Toh Bi Irié, la trajectoire sénégalaise illustre une constante de la vie politique africaine : les mêmes configurations institutionnelles produisent les mêmes fractures, indépendamment des personnalités.
Une leçon politique pour la Côte d'Ivoire
L'ancien préfet tire de cette observation une conclusion directe pour la Côte d'Ivoire. Il appelle à « créer les conditions d'une vie politique stable », à militer pour des élections transparentes et à maintenir des institutions crédibles et impartiales. Sans ces conditions, écrit-il, les acquis politiques et économiques du pays restent exposés à des « inutiles secousses et confusions ».
Toh Bi Irié formule sa thèse en une phrase : en politique, l'avenir est lisible pour qui analyse sans passion ni intérêt partisan. Ce que les acteurs font semblant d'ignorer, l'histoire, elle, le retient. Ce regard depuis Abidjan sur Dakar traduit une préoccupation partagée par plusieurs observateurs ivoiriens : la stabilité politique au Sénégal a des répercussions sur l'équilibre de toute l'Afrique de l'Ouest.
Toh Bi Irié formule sa thèse en une phrase : en politique, l'avenir est lisible pour qui analyse sans passion ni intérêt partisan. Ce que les acteurs font semblant d'ignorer, l'histoire, elle, le retient. Ce regard depuis Abidjan sur Dakar traduit une préoccupation partagée par plusieurs observateurs ivoiriens : la stabilité politique au Sénégal a des répercussions sur l'équilibre de toute l'Afrique de l'Ouest.