Excision à Bongouanou : trois femmes déférées après cinq mutilations


Mardi 7 Juillet 2026

Cinq fillettes de 5 à 8 ans ont été excisées à Bongouanou. Trois femmes ont été déférées mardi 7 juillet 2026 devant le tribunal correctionnel.



Excision à Bongouanou : trois femmes déférées après cinq mutilations © Crédit photo DR
Le procureur de la République près le tribunal de première instance de Bongouanou a annoncé le déferrement de trois femmes après la découverte de cinq fillettes excisées dans la commune. Les faits remontent à la nuit du mercredi 1er juillet 2026.

Le procureur a été informé cette nuit-là par le commissaire de police de Bongouanou qu'une personne anonyme signalait un mouvement inhabituel de femmes âgées, accompagnées de fillettes, aux abords du domicile de Traoré Mariam, au quartier Kangandi. Sur instruction du procureur, un équipage de police a été dépêché sur les lieux.

Les agents y ont découvert cinq fillettes âgées de 5 à 8 ans, qui venaient d'être excisées. Elles ont été conduites à l'hôpital pour une prise en charge médicale. Trois femmes ont été interpellées sur place : Sawadogo Assata, 60 ans, Sawadogo Manata, 72 ans, et Traoré Mariam, 31 ans, mère de l'une des fillettes âgée de 5 ans et nourrice de jumeaux.

Lire aussi : Excision en Côte d'Ivoire, un trafic de clitoris déguisé

Une enquête a été immédiatement ouverte et les trois suspectes placées en garde à vue. À l'issue des investigations, elles ont été déférées au parquet mardi 7 juillet 2026, pour répondre de leurs actes devant le tribunal correctionnel des flagrants délits de Bongouanou.

Le délit de mutilation génitale puni par le Code pénal

Les faits reprochés aux trois femmes sont constitutifs du délit de mutilation génitale, prévu et puni par les articles 394 à 397 du Code pénal ivoirien.

Dans son communiqué, le procureur de la République, Dadié Dago Gabriel, a exhorté les populations qui continuent de pratiquer l'excision à y renoncer. Il a rappelé que cette pratique est interdite par les lois de la République et expose ses auteurs à des poursuites judiciaires et à de lourdes sanctions pénales.

L'excision est interdite en Côte d'Ivoire depuis l'adoption de la loi n°98-757 du 23 décembre 1998, qui réprime cette pratique sur tout le territoire national. Malgré ce cadre légal et les campagnes de sensibilisation menées depuis plusieurs années, des cas continuent d'être signalés dans certaines localités du pays, comme l'illustre cette affaire de Bongouanou.


Dans la même rubrique :


Tags : Bongouanou