Industrialisation en Afrique : la Côte d'Ivoire mise sur l'énergie et les mines


Jeudi 23 Avril 2026

À Washington le 17 avril 2026, le ministre Sangafowa-Coulibaly a présenté la stratégie ivoirienne d'industrialisation devant la Banque mondiale et le FMI.



Côte d'Ivoire, industrialisation et emplois à Washington © Crédit photo Gouvernement ivoirien - Yessouan.ci
Mamadou Sangafowa-Coulibaly, ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l'Énergie, a pris la parole vendredi 17 avril 2026 à Washington lors d'un panel de haut niveau consacré à l'industrialisation et à la création d'emplois en Afrique. La session se tenait en marge des réunions de printemps de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI). Il intervenait aux côtés de Mariama Ciré Sylla, ministre guinéenne de l'Économie et des Finances.

Devant les participants, le ministre ivoirien a posé trois conditions à l'industrialisation du continent : stabilité politique et macroéconomique d'abord, investissements dans les infrastructures ensuite — routes, ports, énergie —, puis réformes réglementaires pour renforcer l'attractivité du cadre des affaires. Cette séquence, a-t-il précisé, est celle que la Côte d'Ivoire applique depuis plusieurs années.

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Le secteur électrique illustre cette trajectoire. La Côte d'Ivoire a triplé sa capacité installée de production d'électricité en moins de quinze ans. Le gouvernement prévoit de tripler à nouveau cette capacité au cours des quinze prochaines années, selon les déclarations du ministre.

Face à l'urgence de l'emploi sur le continent, Sangafowa-Coulibaly a présenté l'activité minière comme un levier à effet plus rapide que l'industrie manufacturière classique. Au-delà des postes directs, souvent qualifiés, le secteur génère selon lui un tissu dense d'emplois indirects via les services connexes et les exigences de contenu local, sur toute la durée de vie des projets. Ce potentiel concerne aussi bien l'exploitation artisanale à petite échelle que les opérations industrielles.

Capital humain et intégration régionale comme leviers complémentaires

Le ministre a également insisté sur la formation de la main-d'œuvre. Dans un contexte de transformation technologique accélérée, la disponibilité de travailleurs qualifiés constitue selon lui un facteur déterminant pour attirer les investissements industriels.

Sur le plan géopolitique, il a rappelé la position de la Côte d'Ivoire comme hub économique en Afrique de l'Ouest, et plaidé pour une intégration régionale renforcée, capable de démultiplier l'impact des politiques industrielles nationales. Ce panel de Washington s'est tenu dans la continuité d'une première session dédiée à l'exploitation minière artisanale.

Diplômé de l'École supérieure de journalisme de Lille (ESJ Lille), avec une spécialisation en… En savoir plus sur cet auteur

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