Macron depuis Nairobi : "le franc CFA peut changer de nom, mais c'est aux Africains de décider" © Crédit photo DR
Emmanuel Macron a interpellé mardi 13 mai les dirigeants de la zone franc depuis Nairobi, où il coprésidait l'Africa Forward Summit. Dans un entretien accordé à RFI, France 24 et TV5 Monde en clôture du sommet, le président français a déclaré attendre des États membres qu'ils franchissent eux-mêmes le pas du changement de nom de leur monnaie commune.
Le chef de l'État français a rappelé avoir levé en 2019, lors d'un déplacement à Abidjan, l'ensemble des obligations françaises liées au système CFA : suppression du compte de dépôt des réserves au Trésor français et retrait de la représentation française au conseil d'administration de la Banque Centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO). Seule la garantie de convertibilité a été maintenue, à la demande explicite des États membres, qui redoutent des attaques spéculatives sur leurs monnaies. « Maintenant, c'est à leur main », a-t-il tranché.
Lire aussi : Mali, Burkina, Niger absents au Sommet Africa Forward 2026 : Macron pointe la responsabilité des juntes
Macron a précisé avoir mandaté l'économiste Jean-Michel Severino pour relancer le dossier, et avoir discuté de la question avec le président ivoirien Alassane Ouattara en marge du sommet. Pour Paris, l'objectif affiché est une intégration monétaire et commerciale régionale élargie, couvrant le maximum de pays de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao).
Le chef de l'État français a rappelé avoir levé en 2019, lors d'un déplacement à Abidjan, l'ensemble des obligations françaises liées au système CFA : suppression du compte de dépôt des réserves au Trésor français et retrait de la représentation française au conseil d'administration de la Banque Centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO). Seule la garantie de convertibilité a été maintenue, à la demande explicite des États membres, qui redoutent des attaques spéculatives sur leurs monnaies. « Maintenant, c'est à leur main », a-t-il tranché.
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Macron a précisé avoir mandaté l'économiste Jean-Michel Severino pour relancer le dossier, et avoir discuté de la question avec le président ivoirien Alassane Ouattara en marge du sommet. Pour Paris, l'objectif affiché est une intégration monétaire et commerciale régionale élargie, couvrant le maximum de pays de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao).
L'ECO toujours en attente, la zone CFA fragmentée
Le franc CFA est aujourd'hui la monnaie de deux blocs distincts : l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), qui regroupe huit États dont la Côte d'Ivoire, le Sénégal et le Bénin, et la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC), avec six membres dont le Cameroun et le Gabon. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger, pourtant sortis de la Cédéao en 2024 pour former l'Alliance des États du Sahel (AES), restent membres de l'UEMOA et continuent d'utiliser le franc CFA.
La Cédéao elle-même peine à tenir le calendrier de sa monnaie unique, l'ECO. En décembre 2025 à Abuja, lors de sa 68e session ordinaire, la Conférence des chefs d'État avait exprimé sa préoccupation face aux retards de convergence macroéconomique, à moins de deux ans du lancement prévu. Le président sierra-léonais Julius Maada Bio, qui présidait la session, avait ordonné à la Commission de réactiver le Groupe de travail présidentiel sur ce dossier. Pour Abidjan comme pour ses voisins de l'UEMOA, la question reste ouverte : changer le nom du franc CFA sans avoir au préalable tranché l'architecture de la future monnaie commune.
La Cédéao elle-même peine à tenir le calendrier de sa monnaie unique, l'ECO. En décembre 2025 à Abuja, lors de sa 68e session ordinaire, la Conférence des chefs d'État avait exprimé sa préoccupation face aux retards de convergence macroéconomique, à moins de deux ans du lancement prévu. Le président sierra-léonais Julius Maada Bio, qui présidait la session, avait ordonné à la Commission de réactiver le Groupe de travail présidentiel sur ce dossier. Pour Abidjan comme pour ses voisins de l'UEMOA, la question reste ouverte : changer le nom du franc CFA sans avoir au préalable tranché l'architecture de la future monnaie commune.