Une libération dont les conditions restent inconnues
L’armée malienne a annoncé jeudi la remise en liberté des 82 militaires. Elle précise que les soldats ont été pris en charge par les services compétents.
Selon Bamako, les militaires étaient détenus par des groupes armés liés au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, affilié à Al-Qaïda, ainsi qu’au Front de libération de l’Azawad (FLA).
L’état-major affirme que leur libération résulte d’un processus préparé depuis leur capture. Il évoque une mobilisation coordonnée, sans fournir davantage de détails.
Aucun assaut militaire n’a été mentionné. Le communiqué ne précise pas non plus le lieu de la remise en liberté, ni la présence d’intermédiaires ou l’éventuelle existence d’une contrepartie.
Des sources proches du FLA avancent, de leur côté, des motifs sociaux et humanitaires. Le mouvement n’avait toutefois pas encore publié jeudi d’explication détaillée sur les circonstances de cette libération.
Un possible canal de contact entre les parties
La libération simultanée de 82 prisonniers pourrait témoigner de l’existence de contacts, directs ou indirects, entre les différents acteurs. Elle ne permet toutefois pas, à elle seule, de conclure à l’ouverture de négociations politiques entre Bamako et les groupes armés du nord.
Cette annonce intervient alors que les relations entre le Mali et l’Algérie connaissent une évolution. Les deux pays ont rétabli leurs ambassadeurs et rouvert leur espace aérien le 10 juillet.
Le Premier ministre malien Abdoulaye Maïga avait ensuite assuré qu’il n’y avait « aucune rupture diplomatique » avec l’Algérie. Il avait également reçu une invitation de son homologue algérien Sifi Ghrieb pour une visite de travail à Alger.
Aucune information publique ne permet cependant d’établir un lien entre Alger et la libération des militaires maliens.
Le dossier reste d’autant plus sensible que le FLA avait publié, le 31 juillet, une vidéo montrant plus de 200 membres des forces maliennes détenus. Le mouvement affirmait que certains avaient été capturés lors de la prise de Kidal, le 25 avril, tandis que d’autres seraient tombés entre ses mains durant les combats de juillet à Anéfis et Tabrichat.