Mali, Burkina, Niger absents au Sommet Africa Forward 2026 : Macron pointe la responsabilité des juntes


Lundi 11 Mai 2026

Le 10 mai 2026, Macron a justifié à Nairobi l'absence des juntes du Mali, Burkina et Niger au sommet Africa Forward, tout en défendant les liens avec leurs peuples.



Sommet Africa Forward 2026 l'exclusion du Sahel assumée par Macron © Crédit photo DR
Le président français Emmanuel Macron s'est exprimé dimanche 10 mai 2026 lors d'une conférence de presse conjointe avec le président kenyan William Ruto à Nairobi, en marge du sommet Africa Forward. Il a justifié l'absence du Mali, du Burkina Faso et du Niger à cette rencontre panafricaine, rejetant toute idée d'exclusion délibérée de la France envers ces pays.

Macron a rappelé que plusieurs chefs d'État d'Afrique de l'Ouest étaient présents au sommet, citant notamment les présidents du Sénégal et de Côte d'Ivoire, auxquels s'ajoutent des dirigeants d'Afrique centrale comme ceux du Gabon et de la République Démocratique du Congo (RDC). Selon lui, les autorités de transition des trois pays sahéliens se sont elles-mêmes écartées des cadres régionaux, en particulier de la Communauté Économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CÉDÉAO), dont le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont officiellement quitté les rangs début 2025 pour former l'Alliance des États du Sahel (AES).

Le chef de l'État français a toutefois précisé que des représentants de la société civile, des entrepreneurs et des artistes originaires de ces trois pays participaient aux discussions du sommet. Il a formulé cette distinction de manière nette : la France n'est pas en désaccord avec les peuples sahéliens, mais avec les régimes qui les gouvernent.

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Sur le retrait des forces militaires françaises du Sahel — consécutif aux coups d'État au Mali en 2021, au Burkina Faso en 2022 et au Niger en 2023 —, Macron a affirmé que Paris était parti sans animosité, tout en soulignant que la détérioration de la situation sécuritaire dans la région illustrait les limites du choix des autorités de transition.

Un nouveau dispositif militaire français en Afrique

Macron a défendu la réorientation de la présence militaire française sur le continent. Le dispositif, désormais fondé sur des partenariats bilatéraux, associe le Gabon, le Bénin et le Ghana comme nouveaux points d'appui. Cette reconfiguration fait suite au retrait de Barkhane et à la fermeture des bases françaises au Mali, au Burkina Faso et au Niger entre 2022 et 2024.

Pour la Côte d'Ivoire, pays cité parmi les États avec lesquels la France maintient des relations actives, ce repositionnement confirme Abidjan dans son rôle de partenaire stable de Paris en Afrique de l'Ouest. La base militaire française de Port-Bouët, qui accueille les éléments français en Côte d'Ivoire (EFCI), reste opérationnelle.


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