Orpaillage clandestin Côte d'Ivoire : coup de filet de la gendarmerie dans la région du Hambol, 27 orpailleurs arrêtés


Jeudi 14 Mai 2026

Orpaillage illégal : Une opération de gendarmerie menée le 13 mai 2026 près de Darakokaha, dans la sous-préfecture de Fronan, a mis hors d'état 76 motos et conduit à 27 arrestations.



Orpaillage clandestin Côte d'Ivoire © Crédit photo DR
L'Escadron de gendarmerie mobile de Niakara et la brigade de Katiola ont interpellé 27 individus le mercredi 13 mai 2026 aux environs du village de Darakokaha, dans la sous-préfecture de Fronan, lors d'une opération ciblant un site d'orpaillage clandestin. Au cours de l'intervention, les gendarmes ont détruit 76 motocyclettes ainsi qu'un important lot de matériels utilisés pour l'exploitation illégale de l'or. Quatre autres motos et cinq fusils calibre 12 ont été saisis.

Les 27 personnes arrêtées seront déférées devant le Pôle pénal économique et financier, juridiction spécialisée dans les infractions économiques et financières, pour répondre de leur participation à ces activités clandestines.

Lire aussi : Lutte anti-orpaillage en Côte d'Ivoire, 10 individus arrêtés à Aboisso

Cette opération s'inscrit dans un dispositif de répression que l'État ivoirien intensifie depuis plusieurs années face à la prolifération des sites illégaux. La Côte d'Ivoire compte entre 1 600 et 1 900 sites d'orpaillage clandestin identifiés, touchant environ 24 de ses 31 régions. Le phénomène est encadré pénalement par le Code minier, loi n°2014-138 du 24 mars 2014, et combattu par des unités dédiées dont le Groupement spécial de lutte contre l'orpaillage illégal (GSLOI).

Des pertes fiscales estimées à plus de 4 600 milliards de FCFA par an

L'orpaillage illégal entraîne des conséquences économiques et environnementales documentées à grande échelle. Les pertes annuelles pour l'État ivoirien liées aux flux d'or hors circuits formels sont estimées à plus de 7 milliards d'euros, soit plus de 4 600 milliards de FCFA, selon des estimations récentes. Sur le terrain, l'exploitation clandestine laisse des excavations non rebouchées, dégrade les terres agricoles et entraîne une contamination des eaux par le mercure utilisé pour extraire l'or.

Pour réduire l'ampleur du phénomène, le gouvernement ivoirien a lancé en mars 2026 un projet de cartographie et de réhabilitation des terres dégradées, combinant restauration écologique et formation d'artisans à des techniques d'exploitation légale et sans mercure. L'objectif affiché est de réhabiliter des milliers d'hectares d'ici 2030.


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