Ouattara à Nairobi : "L'Afrique doit asseoir sa souveraineté économique"


Mercredi 13 Mai 2026

À l'Africa Forward Summit de Nairobi, le président ivoirien Alassane Ouattara a appelé le 12 mai 2026 à une réforme de l'architecture financière internationale.



Ouattara à Nairobi : "L'Afrique doit asseoir sa souveraineté économique" © Crédit photo DR
Le président ivoirien Alassane Ouattara a pris la parole le 12 mai 2026 à Nairobi, lors d'un déjeuner de travail en marge de l'Africa Forward Summit, pour plaider en faveur d'une refonte du système financier mondial. Devant ses pairs et des décideurs économiques, il a chiffré le déficit de financement annuel du continent africain à 400 milliards de dollars, qu'il attribue en partie à un cadre international conçu dans l'après-guerre, inadapté aux réalités actuelles du continent.

Ouattara a identifié trois déséquilibres précis. D'abord, les taux d'emprunt : les États africains paient des intérêts deux à quatre fois supérieurs à ceux des pays développés, en raison d'une évaluation du risque qu'il juge biaisée. Il a salué la création de l'Agence de notation financière panafricaine, présentée comme une réponse pour corriger cette distorsion. Ensuite, le financement climatique : l'Afrique ne capte que 2 % des ressources mondiales disponibles, alors qu'elle subit les effets les plus directs du dérèglement climatique malgré une contribution marginale aux émissions de gaz à effet de serre.

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Troisième point soulevé : les mécanismes actuels ne parviennent pas à orienter les capitaux vers l'industrialisation et l'innovation. Le président ivoirien a appelé à des réformes répondant à trois impératifs — équité dans la gouvernance mondiale, efficacité des financements et soutenabilité de la dette — sans alourdir la vulnérabilité des économies concernées.

Le « Consensus d'Abidjan » comme point d'ancrage

Ouattara a défendu la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD), qu'il a présentée comme un cadre de référence à approfondir. Il a félicité le président de la Banque africaine de développement (BAD), Sidi Ould Tah, pour avoir lancé cette initiative à Abidjan, dont le résultat a été la naissance du « Consensus d'Abidjan ».

Sur la question des banques multilatérales de développement, le chef de l'État ivoirien a demandé une meilleure utilisation de leurs bilans, une augmentation des prêts et un renforcement des garanties, des financements en monnaie locale et des mécanismes de couverture du risque de change. Il a également insisté sur la nécessité de mobiliser les ressources domestiques africaines pour les orienter vers l'investissement productif sur le sol africain, dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques et les perturbations dans les chaînes d'approvisionnement.


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