Le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, 63 ans, tient entre ses mains un texte de loi posant le cadre d'un référendum constitutionnel. Adopté par l'Assemblée nationale puis validé à l'unanimité par le Sénat, le projet est sur son bureau depuis plusieurs jours. Sa promulgation éventuelle ouvrirait une procédure de révision de la Constitution congolaise de 2006, qui interdit expressément toute modification de la limite des deux mandats présidentiels de cinq ans chacun.
Félix Tshisekedi arrive au terme de son second mandat en décembre 2028. En mai 2026, il avait déclaré lors d'une conférence de presse à Kinshasa : « Si le peuple souhaite que j'aie un troisième mandat, j'accepterai. » Il avait conditionné toute révision constitutionnelle à une consultation populaire par référendum. L'union présidentielle, majoritaire dans les deux chambres du Parlement, a fait adopter la proposition de loi référendaire sans résistance législative significative.
Lire aussi : Crise en RDC : "Tshisekedi se retrouve au pied du même scénario ivoirien en 2002", révèle Ferro Bally
L'opposition congolaise, affaiblie depuis la présidentielle de décembre 2023, conteste ce processus. Le 12 juin 2026, un rassemblement organisé à Kinshasa contre la révision constitutionnelle a été dispersé dans des affrontements entre militants pro-gouvernement, manifestants et forces de l'ordre. Des associations de défense des droits humains ont évoqué deux morts. Le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a condamné la mort d'au moins un manifestant. Le gouvernement a fait état de 25 blessés, dont 15 policiers. Une nouvelle manifestation a été appelée pour le 8 juillet 2026.
Félix Tshisekedi arrive au terme de son second mandat en décembre 2028. En mai 2026, il avait déclaré lors d'une conférence de presse à Kinshasa : « Si le peuple souhaite que j'aie un troisième mandat, j'accepterai. » Il avait conditionné toute révision constitutionnelle à une consultation populaire par référendum. L'union présidentielle, majoritaire dans les deux chambres du Parlement, a fait adopter la proposition de loi référendaire sans résistance législative significative.
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L'opposition congolaise, affaiblie depuis la présidentielle de décembre 2023, conteste ce processus. Le 12 juin 2026, un rassemblement organisé à Kinshasa contre la révision constitutionnelle a été dispersé dans des affrontements entre militants pro-gouvernement, manifestants et forces de l'ordre. Des associations de défense des droits humains ont évoqué deux morts. Le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a condamné la mort d'au moins un manifestant. Le gouvernement a fait état de 25 blessés, dont 15 policiers. Une nouvelle manifestation a été appelée pour le 8 juillet 2026.
Le précédent Kabila et la stratégie du "glissement"
L'analyste politique Ithiel Batumike, du centre de recherches congolais Ebuteli, met en garde contre une stratégie alternative en cas d'échec de la révision constitutionnelle : ce que les observateurs congolais appellent le « glissement », c'est-à-dire le report indéfini d'une élection présidentielle pour maintenir le président en exercice au-delà de son mandat. Le gouvernement avance d'ores et déjà que le conflit persistant dans l'est du pays — où le groupe armé M23, soutenu selon Kinshasa par le Rwanda, contrôle Goma et Bukavu depuis début 2025 — ne permet pas d'organiser un scrutin dans des conditions satisfaisantes.
L'ex-président Joseph Kabila avait tenté une manœuvre similaire en 2015, en modifiant la loi électorale pour se maintenir au pouvoir. La pression internationale et des manifestations avaient finalement mis fin à ce projet. Félix Tshisekedi, opposant à l'époque, s'était lui-même élevé contre cette tentative. Pour l'Afrique de l'Ouest et la Côte d'Ivoire, ce précédent en RDC alimente les débats régionaux sur la limitation des mandats présidentiels, un principe que l'Union africaine et la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) ont régulièrement défendu.
L'ex-président Joseph Kabila avait tenté une manœuvre similaire en 2015, en modifiant la loi électorale pour se maintenir au pouvoir. La pression internationale et des manifestations avaient finalement mis fin à ce projet. Félix Tshisekedi, opposant à l'époque, s'était lui-même élevé contre cette tentative. Pour l'Afrique de l'Ouest et la Côte d'Ivoire, ce précédent en RDC alimente les débats régionaux sur la limitation des mandats présidentiels, un principe que l'Union africaine et la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) ont régulièrement défendu.


