Racket routier à Abidjan : Un adjudant condamné à 5 ans pour avoir extorqué 5 000 F CFA


Lundi 22 Juin 2026

Le Tribunal Militaire d'Abidjan a condamné le 4 juin 2026 un adjudant à cinq ans ferme pour extorsion de fonds lors d'un contrôle routier non autorisé.



Tribunal Militaire Abidjan, un adjudant condamné pour racket © Crédit photo DR
Le Tribunal Militaire d'Abidjan a rendu le mercredi 4 juin 2026 un verdict de condamnation à l'encontre de l'adjudant K.K.D., reconnu coupable d'extorsion de fonds et de violation de consigne sur le fondement des articles 474, 484 et 559 du Code pénal. La peine prononcée : cinq ans d'emprisonnement ferme, une amende de 500 000 francs CFA, un mandat de dépôt exécuté immédiatement et la publication de la décision dans les casernes sur l'ensemble du territoire national.

Les faits remontent au 16 janvier 2026. Ce sous-officier supérieur avait mis en place un poste de contrôle sans autorisation régulière et sans disposer de carnets de contraventions réglementaires. Il a interpellé deux motocyclistes circulant sans casque, avant de percevoir la somme de 5 000 francs CFA pour libérer leur engin. L'opération avait été documentée en vidéo par des agents spécialement affectés à la surveillance des pratiques de racket sur les voies publiques. Ces enregistrements ont constitué la pièce centrale du dossier à l'audience.

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Devant le tribunal, le prévenu a soutenu que les motocyclistes lui avaient spontanément proposé de l'argent après le constat d'infraction, et qu'il avait accepté par compassion à l'issue d'un long marchandage. Les juges ont écarté cet argument sans ambiguïté : un agent des forces de défense et de sécurité ne peut percevoir de fonds dans l'exercice de ses fonctions en dehors des procédures légales, quelle que soit la forme que prend la transaction.

Une décision publiée dans toutes les casernes du pays

La peine accessoire de publication du jugement dans les casernes sur l'ensemble du territoire national donne à cette condamnation une portée disciplinaire qui dépasse le seul cas de l'adjudant K.K.D. Elle signale que les pratiques de racket sur les voies publiques, documentées ou non, exposent leurs auteurs à des sanctions pénales lourdes, y compris la détention immédiate.

Le Tribunal Militaire d'Abidjan est compétent pour juger les infractions commises par les membres des forces armées dans l'exercice ou à l'occasion de leurs fonctions. La mise en place d'un poste de contrôle non autorisé, combinée à la perception d'argent hors procédure, a suffi à caractériser les deux infractions retenues : l'extorsion et la violation de consigne, deux faits distincts qui ont fondé la sévérité de la sanction.


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