Il était sous mandat d’extradition en Europe il y a quelques mois. Le voilà aujourd’hui associé au « plus gros contrat pétrolier de l’histoire mondiale » selon Donald Trump. Alejandro Betancourt Lopez, 46 ans, milliardaire vénézuélien, incarne la nouvelle équation américaine au Venezuela : faire affaire avec un privé sulfureux pour s’emparer du pétrole.
Le deal du siècle : 17 gisements pour 100 ans
Fin août 2026, l’administration américaine a signé avec Caracas un accord inédit. L’entreprise de Betancourt, North American Blue Energy Partners - NABEP, obtient la concession pour un siècle de 17 gisements pétroliers. Soit environ 65 milliards de barils, près d’un quart des réserves du pays.
Le Pentagone ne fait pas que superviser. Il est entré au capital en rachetant 35% de NABEP. En échange, Washington pourra acheter 20% de la production à prix coûtant. L’objectif affiché : passer de 200 000 à 1 million de barils par jour en 5 ans grâce à près de 100 milliards $ d’investissements.
Pour Trump, c’est une victoire stratégique. « Si cet accord est respecté par les prochains gouvernements vénézuéliens, alors, au moins sur le papier, Donald Trump aura constitué une réserve stratégique en dehors de la révolution du pétrole de schiste », analyse Schreiner Parker de Rystad Energy.
Le Pentagone ne fait pas que superviser. Il est entré au capital en rachetant 35% de NABEP. En échange, Washington pourra acheter 20% de la production à prix coûtant. L’objectif affiché : passer de 200 000 à 1 million de barils par jour en 5 ans grâce à près de 100 milliards $ d’investissements.
Pour Trump, c’est une victoire stratégique. « Si cet accord est respecté par les prochains gouvernements vénézuéliens, alors, au moins sur le papier, Donald Trump aura constitué une réserve stratégique en dehors de la révolution du pétrole de schiste », analyse Schreiner Parker de Rystad Energy.
Un partenaire à la réputation explosive
Le problème, c’est l’homme. Betancourt est décrit comme un « bolichico ». Ce terme désigne ces jeunes hommes d’affaires enrichis de manière spectaculaire sous Chavez puis Maduro, grâce à leur proximité avec le pouvoir.
Sa réputation le poursuit. Jusqu’en mai 2026, il n’avait pas le droit de quitter le sol britannique à cause d’un mandat d’extradition suisse pour blanchiment. L’Espagne le soupçonne d’avoir versé 42 millions de pots−de−vin à des responsables de PDVSA pour détourner 4,85 milliards. Des enquêtes sont aussi en cours aux USA.
Luis Pacheco, ancien cadre de PDVSA, est sans détour : NABEP a « prospéré grâce à l’attribution opaque de blocs pétroliers par le régime plutôt que par ses propres prouesses techniques ».
Sa réputation le poursuit. Jusqu’en mai 2026, il n’avait pas le droit de quitter le sol britannique à cause d’un mandat d’extradition suisse pour blanchiment. L’Espagne le soupçonne d’avoir versé 42 millions de pots−de−vin à des responsables de PDVSA pour détourner 4,85 milliards. Des enquêtes sont aussi en cours aux USA.
Luis Pacheco, ancien cadre de PDVSA, est sans détour : NABEP a « prospéré grâce à l’attribution opaque de blocs pétroliers par le régime plutôt que par ses propres prouesses techniques ».
La realpolitik américaine au prix de la souveraineté
Au fond, les USA appliquent une doctrine simple : l’accès au pétrole vénézuélien prime sur la morale. Quitte à s’associer avec un « bolichico » pour contourner les sanctions et verrouiller les réserves avant 2030.
Le Venezuela gagne la promesse de 200 milliards $ de redevances. Mais à quel prix? Celui de confier son or noir à un homme que la justice de 3 pays regarde encore de près.
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