Le 2 septembre 2023, à 21 heures, Abengourou a vu le PDCI-RDA perdre une mairie que beaucoup croyaient acquise. Les tambours battaient, les promesses pleuvaient. Trois ans plus tard, l’heure est au constat.
On annonçait un « Monsieur Développement », un enfant du Prado venu du pouvoir. Avec un tel profil, disait-on, les projets allaient sortir de terre comme les mangues en saison. La réalité semble plus lente.
Des chantiers en suspens dans toute la commune
Commençons par la santé. Des centres ont été inaugurés avant d’être terminés. Les rubans ont été coupés, mais les patients, eux, attendent toujours d’être accueillis.
Côté voirie, des caniveaux sont apparus çà et là. Leur utilité exacte reste difficile à cerner. Quant au bitume, tant espéré dans l’Indénié, il se fait toujours désirer.
Les marchés illustrent bien ce retard. À Cafétou, le chantier annoncé pour six mois s’étire comme un mandat entier. Les habitants s’habituent au provisoire. Mieux vaudrait que l’ouvrage soit fonctionnel le jour de son inauguration, même si celle-ci tombe en pleine campagne.
À HKB, la situation n’est guère plus enviable. Les commerçantes puisent dans le budget familial pour financer leurs déplacements. Leur marché, lui aussi promis en six mois, n’est toujours pas livré.
Le reste de la ville n’est pas mieux loti. Elle s’étend, mais perd de son éclat. Les déchets gagnent du terrain, faute de solutions à la hauteur.
Jeunesse et cohésion sociale : le malaise
L’insertion des jeunes semble passée au second plan. Les initiatives tiennent grâce à l’énergie de leurs porteurs, rarement grâce à un vrai accompagnement. Certains confient même que « Wozo Vacances coûte cher ».
La Jeunesse communale, elle, n’a pas de point d’ancrage. Un jour sous un foyer, un autre dans un grin, puis ailleurs. Le siège se trouve là où se trouve son président. Une administration sans adresse en dit long.
Le climat social n’est pas plus apaisé. Chacun reste dans son camp, et tout finit par devenir politique. À l’échelle locale, on retrouve les fractures du pays.
Pendant ce temps, la ligne directrice du conseil municipal reste floue. Les priorités peinent à émerger, et le mandat approche de son terme. L’heure des explications viendra bientôt. Les uns invoqueront l’héritage reçu, les autres les obstacles rencontrés. Les militants déçus du camp orange seront invités à reconduire leur confiance, par conviction ou par discipline.
Dans le camp d’en face, la maison verte semble absorbée par ses querelles internes. A-t-elle encore le temps de bâtir un projet crédible pour la ville ? La question reste entière.
