Le SYNADECI exige une réponse judiciaire et sécuritaire
Le Syndicat national des douaniers émergents de Côte d’Ivoire (SYNADECI) a tenu une session extraordinaire le 16 août 2026. Au cours de cette réunion, l’organisation a dénoncé les circonstances du décès de Coulibaly Lamtou.
D’après le syndicat, le douanier aurait succombé après une agression impliquant des individus se réclamant du milieu des « gnambros ». Le SYNADECI considère cette affaire comme une menace directe contre les agents publics et l’autorité de l’État.
Face à cette situation, le syndicat demande la suspension des activités des groupes de « gnambros » dans tout le pays. Il réclame également des sanctions contre les auteurs des violences qui leur sont imputées.
Le Bureau exécutif indique par ailleurs avoir saisi le Procureur de la République. Il souhaite qu’une enquête détermine précisément les circonstances du décès et permette d’identifier les personnes impliquées. Le syndicat demande ensuite leur interpellation et leur traduction devant la justice.
Le phénomène des gnambros déjà au cœur des préoccupations de l’État
Cette revendication intervient dans un contexte où le gouvernement avait déjà reconnu la difficulté posée par les « gnambros ». Le 21 mai 2026, Oumar Sacko, directeur général des Transports terrestres et de la Circulation, avait évoqué le sujet lors d’une rencontre avec des transporteurs à Treichville.
Selon les chiffres présentés à cette occasion, certains conducteurs pouvaient verser jusqu’à 20 000 francs CFA par jour au titre de prélèvements informels. Une situation qui, selon le responsable, pouvait accentuer la pression économique sur les chauffeurs et favoriser des comportements dangereux sur les routes.
Oumar Sacko avait également souligné que le ministère des Transports ne pouvait pas agir seul. Il avait alors évoqué une démarche associant le Haut Conseil du Patronat des entreprises de transport routier, le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité ainsi que le ministère de la Défense.
La question d’une mesure plus radicale se pose désormais. En 2024, le gouvernement avait interdit les activités des organisations syndicales estudiantines et scolaires après la mort d’un étudiant, avant de procéder à leur dissolution, notamment celle de la FESCI.
Le parallèle doit toutefois être nuancé. À ce jour, aucune mesure gouvernementale similaire n’a été annoncée contre les « gnambros ». La suspension réclamée reste donc, pour l’instant, une demande portée par le SYNADECI.
Le phénomène avait déjà donné lieu à des opérations de sécurisation en 2019. À l’époque, l’ancien préfet d’Abidjan Vincent Toh-Bi Irié avait fait état de centaines d’interpellations et du démantèlement de plusieurs groupements.
La mort de Coulibaly Lamtou replace ainsi la question des « gnambros » au centre du débat sécuritaire. Après les opérations menées par le passé et les pistes évoquées par le gouvernement en mai, les autorités devront désormais déterminer si elles privilégient de nouvelles interventions ponctuelles ou une stratégie durable.