L’affaire vécue par S.G.F. illustre l’un des risques liés au détournement d’une ligne téléphonique. Son compte Mobile Money a été vidé après la désactivation frauduleuse de sa carte SIM.
Une simple perte de réseau qui cache une fraude
Pensant à une panne technique, elle se rend dans une agence de son opérateur. Après les vérifications habituelles, un remplacement de la carte SIM est effectué. La ligne retrouve alors son fonctionnement normal.
La mauvaise surprise survient lorsqu’elle consulte son compte Mobile Money. La totalité de ses fonds a disparu. Face à cette situation, la victime saisit la Police de Lutte contre la Cybercriminalité (PLCC).
Une enquête est rapidement ouverte. Les investigations conduisent à l’interpellation de K.M.J., qui est entendue par les enquêteurs.
Des numéros récupérés sur TikTok pour cibler les vendeuses
Dans un premier temps, K.M.J. conteste les accusations. Elle met notamment en cause son petit ami. Mais les éléments réunis au cours des investigations finissent par l’amener à détailler le procédé utilisé.
Selon ses déclarations, les victimes étaient notamment repérées lors de leurs lives commerciaux sur TikTok. Les numéros de téléphone publiés pour recevoir des commandes ou des paiements étaient ensuite récupérés.
Ces informations étaient transmises à des complices présents dans des agences de téléphonie. Ceux-ci auraient procédé à la désactivation des cartes SIM ciblées avant de réaliser une nouvelle identification à partir de documents fournis par K.M.J.
Cette opération permettait ensuite de prendre le contrôle des lignes concernées. Les auteurs pouvaient alors accéder aux comptes Mobile Money et effectuer des retraits frauduleux.
Le stratagème ne s'arrêtait pas aux comptes financiers. Les fraudeurs prenaient également le contrôle de WhatsApp. Ils pouvaient ainsi se faire passer pour les victimes et demander de l'argent à leurs proches.
L'enquête a par ailleurs fait apparaître plusieurs plaintes liées à des faits similaires. Les investigations se poursuivent pour retrouver les autres personnes impliquées.
K.M.J. a finalement été présentée au Parquet du Pôle Pénal Économique et Financier. Les faits qui lui sont reprochés concernent notamment le faux et usage de faux, le changement frauduleux de carte SIM et l'utilisation frauduleuse d'éléments d'identification d'une personne physique.
L'affaire porte également sur l'obtention frauduleuse d'un avantage évalué à 5 134 600 francs CFA. Les poursuites sont engagées conformément à la loi n° 2013-451 du 19 juin 2013 relative à la lutte contre la cybercriminalité.
Les complices présumés restent recherchés. Leur éventuelle interpellation doit faire l'objet d'une communication ultérieure.

