Arnaque aux sentiments, un Européen se suicide après un chantage sexuel orchestré depuis Abidjan


Vendredi 24 Avril 2026

Un ressortissant européen s'est donné la mort après avoir cédé à une extorsion de 1 million de FCFA. Son bourreau présumé a été interpellé à Abidjan par la PLCC.



Sextorsion en Côte d'Ivoire un Européen se suicide, un suspect arrêté © Crédit photo Plcc - Yessouan.ci
La victime, identifiée par ses initiales M.M., avait noué une relation avec une inconnue rencontrée sur TikTok. Les échanges ont rapidement migré vers Telegram, où la relation a pris une tournure intime. M.M. a transmis des contenus à caractère sexuel, persuadé de la sincérité du lien.

La suite a suivi un schéma bien documenté par les spécialistes de la cybersécurité : son interlocutrice a exigé 1 million de francs CFA contre la non-diffusion des images et vidéos échangées. Des extraits ont été envoyés comme preuve de menace. M.M. a payé. Les exigences ont continué.

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Face aux pressions répétées, M.M. a mis fin à ses jours. Ses proches ont découvert les messages de menaces dans son téléphone et ont alerté les autorités de leur pays. Celles-ci ont transmis les résultats d'enquête à la Plateforme de Lutte Contre la Cybercriminalité (PLCC), l'unité ivoirienne spécialisée dans ce type d'infractions.

L'arnaque aux faux sentiments, un phénomène structuré

Les investigations de la PLCC ont conduit à l'arrestation d'un individu identifié sous les initiales D.V.J. Lors de son audition, il a reconnu les faits et admis se livrer régulièrement à des arnaques sentimentales dans le but d'extorquer des fonds. Une seconde personne, D.L.M., présente au moment de l'interpellation, a également été identifiée comme active dans la cybercriminalité, bien qu'étrangère à l'affaire M.M.

Les deux individus ont été déférés au parquet pour menace de publication de données à caractère sexuel sur internet et homicide involontaire, sur la base de la loi n°2013-451 du 19 juin 2013 relative à la lutte contre la cybercriminalité.

Ce type d'arnaque — appelé sextorsion — progresse en Côte d'Ivoire et dans la sous-région. Les victimes sont souvent des ressortissants étrangers ciblés via des profils soigneusement construits sur les réseaux sociaux. Le paiement initial ne clôt jamais l'affaire : il signale au contraire que la cible est vulnérable, ce qui déclenche de nouvelles demandes.

Diplômé de l'École supérieure de journalisme de Lille (ESJ Lille), avec une spécialisation en… En savoir plus sur cet auteur

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