CEI dissoute, Vincent Toh Bi Irié réagit: "On n'aura rien résolu par une seule dissolution"


Jeudi 7 Mai 2026

Vincent Toh Bi Irié a réclamé le 7 mai 2026, un audit de la CEI et la création d'une Haute Cour Électorale après la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI) le 6 mai.



Dissolution CEI, Vincent Toh Bi Irié réclame un audit © Crédit photo DR - Yessouan.ci
La dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI), annoncée jeudi 7 mai 2026, a suscité une réaction détaillée de Vincent Toh Bi Irié, président du parti Aube Nouvelle et ancien préfet d'Abidjan. Dans une déclaration publiée le même jour, il appelle à ne pas remplacer la CEI par décision unilatérale du gouvernement.

"Une partie de l'opinion proche du pouvoir avait toujours soutenu que cette commission était la meilleure pour la Côte d'Ivoire", rappelle-t-il, avant d'ajouter que si l'exécutif accepte de changer de mécanisme électoral, ce choix doit s'accompagner de "discussions et consultations avec les partis politiques et la société civile". Sans cela, avertit-il, une nouvelle agence née par voie gouvernementale ne fera qu'"accentuer les doutes et les scepticismes".

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Vincent Toh Bi Irié réclame également un audit complet de la défunte structure, à la fois financier — sur la gestion des fonds publics mis à sa disposition — et institutionnel. Il rappelle que la Côte d'Ivoire a traversé plusieurs organes électoraux depuis 1999 : la Commission de supervision du référendum (COSUR) en 2000, la Commission nationale électorale (CNE), puis la CEI à partir de 2001. "Quelles leçons tirons-nous de ces mutations ? Quelles expertises avons-nous capitalisées ?", interroge-t-il.

La réforme ne doit pas, selon lui, se limiter à la CEI. Il propose la création d'une Haute Cour Électorale, chargée de l'ensemble des contentieux liés aux scrutins — une attribution aujourd'hui confiée au Conseil constitutionnel, dont les décisions "ont été la base de situations politiques délicates" depuis 2000.

Repartir de zéro sur la liste électorale

Sur le plan opérationnel, le président d'Aube Nouvelle va plus loin que la révision ou la refonte du fichier électoral existant. Il préconise "l'établissement d'une nouvelle liste électorale", connectée au fichier d'état civil, notant que la liste actuelle "date au minimum de 1980". Une mesure coûteuse, reconnaît-il, mais "ce sera le prix de la paix".

Ces réformes devraient, selon lui, être précédées de modifications constitutionnelles sur les conditions d'éligibilité, puis d'une révision de la loi électorale. Vincent Toh Bi Irié conclut en s'adressant directement au chef de l'État : "Ce qui rendra le bilan du Président Alassane Ouattara exceptionnel, ce sera de continuer à bâtir la paix, l'unité nationale et de réconcilier les Ivoiriens." Il espère que la dissolution de la CEI "est le début élaboré d'une ère nouvelle d'une démocratie ivoirienne exemplaire".

Diplômé de l'École supérieure de journalisme de Lille (ESJ Lille), avec une spécialisation en… En savoir plus sur cet auteur

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