Déguerpissements à Abidjan : Assalé Tiémoko appelle à plus d'humanisme


Dimanche 7 Juin 2026

Assalé Tiémoko, maire de Tiassalé, dénonce les conditions des opérations de démolition en cours à Abidjan, évoquant des expulsions sans préavis ni relogement.



Déguerpissements Abidjan : Assalé Tiémoko interpelle les autorités © Crédit photo DR
Le maire de Tiassalé, Assalé Tiémoko, a publié une prise de position sur les opérations de déguerpissement en cours dans plusieurs quartiers d'Abidjan. Dans ce texte intitulé « La loi ne doit pas oublier l'humain », l'élu interpelle les autorités sur les conditions dans lesquelles ces démolitions sont conduites, dénonçant ce qu'il décrit comme une violence exercée sans préavis suffisant ni mesures d'accompagnement.

Selon lui, des milliers de familles se retrouvent sans abri en pleine saison des pluies, après avoir perdu en quelques heures économies, documents et biens personnels. Il cite notamment des mères avec nourrissons exposées aux intempéries, des élèves en période d'examen privés de leurs affaires scolaires, et des personnes âgées ou malades sans solution immédiate.

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Le maire de Tiassalé mentionne également la destruction d'un marché à Yopougon, où des commerçantes affirment n'avoir reçu aucun avertissement avant que leurs marchandises ne soient écrasées par les engins, alors qu'elles avaient préalablement obtenu une place dans le nouveau marché en construction.

Koumassi Campement : une enquête annoncée

Assalé Tiémoko consacre une partie de sa tribune au cas de Koumassi Campement, qualifié aux « contours troublants ». Il juge insuffisante la somme de trois millions de francs CFA annoncée par le ministère de la Solidarité pour les sinistrés de ce secteur, et souligne que l'opération aurait été menée sur la base d'une décision de justice obtenue par un particulier. Après la prise de parole d'un chef traditionnel sur cette affaire, le journal L'Éléphant Déchaîné a annoncé l'ouverture d'une enquête.

L'élu rappelle qu'il y a deux ans, le Président de la République Alassane Ouattara avait appelé à davantage d'humanisme dans la conduite de ce type d'opérations. Les autorités, de leur côté, soutiennent que des mises en demeure préalables ont été notifiées et que les procédures légales ont été respectées. Les versions restent contradictoires.

Assalé Tiémoko ne s'oppose pas au principe des démolitions mais pose une condition : que le droit au logement — qu'il rappelle être un droit fondamental — soit respecté dans les faits, avec information préalable, délai raisonnable et accompagnement des personnes déplacées.

Diplômé de l'École supérieure de journalisme de Lille (ESJ Lille), avec une spécialisation en… En savoir plus sur cet auteur

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