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Dette ivoirienne : Le PND 2026-2030 sous le feu des critiques


Mardi 14 Juillet 2026

Après l'annonce du financement du PND 2026-2030, Ahoua Don Mello alerte sur les risques d'endettement et la souveraineté économique de la Côte d'Ivoire.



Financement du PND 2026-2030 : Dr Don Mello alerte sur la souveraineté © Crédit photo DR
Financement du PND 2026-2030 : Dr Don Mello alerte sur la souveraineté © Crédit photo DR
La table ronde d'Abidjan des 8 et 9 juillet 2026 s'est soldée par des promesses de financement de 47 820 milliards de francs CFA pour le Plan National de Développement (PND) 2026-2030. Si les autorités ivoiriennes célèbrent ce montant historique, favorisé par le reclassement du pays en risque faible de surendettement par le Fonds Monétaire International (FMI) le 24 juin 2026, des voix critiques s'élèvent contre cette stratégie économique.

Dans une analyse publiée le 11 juillet 2026, l'ingénieur Ahoua Don Mello pointe du doigt la viabilité réelle de ce schéma financier. L'ancien ministre craint que l'accumulation de ces engagements extérieurs ne pèse lourdement sur les finances de l'État. Fin 2025, la dette publique ivoirienne atteignait déjà 57,1 % du produit intérieur brut (PIB). L'apport de ces nouveaux fonds porterait les engagements globaux à près de 77 % du PIB projeté pour l'année 2026.

Au-delà des équilibres macroéconomiques, l'impact social de ces investissements interroge. Malgré une baisse statistique du taux de pauvreté de 55 % en 2011 à 37,5 % en 2025, le nombre absolu de personnes démunies reste stable à environ 10 millions d'habitants. L'élasticité de la pauvreté par rapport à la croissance demeure faible, révélant un manque d'efficacité des politiques de redistribution de richesses et une faible productivité de la main-d'œuvre nationale.

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Le deuxième écueil réside dans la répartition de la commande publique. L'essentiel du financement attendu, soit 70,2 %, doit provenir du secteur privé, en grande partie international. Cette prédominance des multinationales se fait au détriment du secteur privé national, représenté par la Confédération Générale des Entreprises de Côte d'Ivoire (CGECI). Les petites et moyennes entreprises locales se retrouvent ainsi marginalisées dans la réalisation des grands chantiers.

Des propositions pour une souveraineté économique accrue

Pour corriger ces déséquilibres, Ahoua Don Mello propose de réformer l'organisation des tables rondes de financement. Selon lui, la première journée de ces rencontres devrait être exclusivement réservée aux investisseurs nationaux, banques locales, assurances et fonds souverains. Ce mécanisme permettrait de structurer l'offre nationale avant d'y associer les partenaires étrangers, garantissant ainsi le contrôle ivoirien sur les secteurs stratégiques.

L'ingénieur préconise également d'orienter prioritairement les ressources vers des projets à fort impact social. Plutôt que de multiplier les infrastructures de prestige, l'accent doit être mis sur l'éducation, la santé, l'agriculture moderne et l'économie numérique. Cette orientation est présentée comme la seule voie pour transformer ces promesses financières de juillet 2026 en emplois durables pour la jeunesse et préserver l'autonomie économique nationale.






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