Gbagbo à Songon : "1 600 camarades en prison, je ne peux pas accepter"


Lundi 18 Mai 2026

Réélu à la tête du PPA-CI, Laurent Gbagbo a pris la parole le 17 mai 2026 à Songon pour réclamer la libération des détenus politiques ivoiriens.



Gbagbo à Songon détenus et délégation de pouvoirs © Crédit photo DR
Laurent Gbagbo, président du Parti des Peuples Africains - Côte d'Ivoire (PPA-CI), a pris la parole le samedi 17 mai 2026 lors de la Fête de la Renaissance organisée à Songon, à l'ouest d'Abidjan. Deux jours après sa réélection à la tête du parti, il a placé son discours sous le signe de la détention des militants. Il a dénombré plus de 1 600 membres et sympathisants du parti actuellement derrière les barreaux, dont Lida Kouassi, Koné Boubacar, Damana Pickass et un jeune militant de 25 ans désigné sous le nom de "Zigui", incarcéré à la Maison d'Arrêt et de Correction d'Abidjan (MACA) après des publications sur les réseaux sociaux.

Gbagbo a consacré une large part de son intervention à défendre le droit de manifester contre la vie chère. Il a cité le cas de Charles Dosso Rodel, un militant arrêté à Man pour avoir participé à une marche de protestation contre la hausse des prix. « La vie est chère, mais le dire, est-ce un crime ? », a-t-il lancé devant la foule. Il a rappelé qu'il n'avait lui-même emprisonné personne lors des manifestations contre la hausse du carburant sous sa présidence.

Lire aussi : PPA-CI : Gbagbo veut déléguer ses pouvoirs, sans nommer de successeur

L'ancien chef d'État a également évoqué le processus électoral, critiquant le retrait des candidatures de Gbagbo et de Tidjane Thiam à la présidentielle de 2025, ainsi que la composition de l'ancienne commission électorale, récemment dissoute. Il a dit attendre de voir ce que le gouvernement mettra en place pour la remplacer, avant de se prononcer.

Délégation de pouvoirs annoncée, pas de succession désignée

Gbagbo a annoncé qu'après la tenue des congrès de la Ligue des femmes et de la Ligue des jeunes du PPA-CI, dont les dates seront précisées dès le lundi 18 mai 2026, il procédera à une délégation de pouvoirs à un responsable chargé de la gestion quotidienne du parti. Il a tenu à préciser que cette délégation ne constitue pas une désignation de successeur. « Moi, si j'avais attendu d'être nommé, je ne serais jamais devenu président de la République », a-t-il déclaré.

Sur le plan continental, Gbagbo a appelé les pays africains à intervenir collectivement dans les États confrontés à des rébellions armées, citant le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Nigeria. Il a réaffirmé son opposition à toute partition territoriale, en référence aux velléités d'indépendance de l'Azawad dans le nord du Mali, et a exprimé son soutien au président malien Assimi Goïta, après la tentative d'attentat contre le ministre malien de la Défense.


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