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Pétrolier ivoirien Baleine phase 3 - Don Mello chiffre ce que la Côte d'Ivoire perd vraiment


Jeudi 28 Mai 2026

Dans une note publiée le 28 mai 2026, Ahoua Don Mello analyse la répartition des revenus du champ Baleine (Pétrole ivoirien) et juge la part ivoirienne trop faible.



Pétrole ivoirien Baleine phase 3 et Don Mello © Crédit photo DR
Pétrole ivoirien Baleine phase 3 et Don Mello © Crédit photo DR
Ahoua Don Mello, docteur-ingénieur et figure politique ivoirienne, a publié le 28 mai 2026, depuis Moscou, une note d'analyse consacrée au champ pétrolier Baleine. Le document, diffusé sous le label "La Côte d'Ivoire Souveraine", intervient le lendemain de la Décision Finale d'Investissement (DFI) pour la phase 3 du gisement, actée le 25 mai 2026 par l'opérateur ENI et ses partenaires.

Pour Don Mello, les chiffres parlent d'eux-mêmes. L'investissement total sur le champ s'élève à 8 milliards de dollars — 4,5 milliards pour les phases 1 et 2, 4 milliards supplémentaires pour la phase 3. En face, les réserves extractibles sont estimées à 2,5 milliards de barils de pétrole et 3 300 milliards de pieds cubes de gaz, soit une valeur brute d'environ 195 milliards de dollars au prix de référence de 70 dollars le baril. Le ratio investissement/valeur des réserves ressort à 4,1 % : pour chaque dollar engagé, la ressource vaut théoriquement 24 dollars.

Lire aussi : Pétrole ivoirien - 4 milliards USD engagés pour la phase 3 du gisement Baleine en Côte d'Ivoire

Le problème, selon l'auteur, n'est pas dans l'attractivité de l'investissement — elle est réelle — mais dans la répartition de ce qui en découle. La structure actionnariale du consortium attribue 77,25 % du capital aux partenaires étrangers (ENI, Vitol, SOCAR), contre 22,75 % à la PETROCI (Pétrole de Côte d'Ivoire), société nationale. Sur la base d'une production à 150 000 barils/jour valorisée à 70 dollars le baril, la part annuelle revenant à l'État ivoirien via la PETROCI est estimée à 568 milliards de francs CFA, soit 0,866 milliard de dollars. Les partenaires étrangers, eux, empocheraient 2,94 milliards de dollars sur la même période.

Un passage au Contrat de Service comme horizon

Don Mello ne conteste pas le modèle actuel dans son principe — le Contrat de Partage de Production (CPP) est, rappelle-t-il, un outil d'attraction des capitaux étrangers dans les phases risquées. Mais il estime que la Côte d'Ivoire doit préparer la transition vers un Contrat de Service, dans lequel la PETROCI deviendrait opérateur principal et les compagnies étrangères de simples prestataires techniques rémunérés à prix fixe.

Trois conditions sont posées pour y parvenir : que la PETROCI maîtrise le risque technique — ce qu'elle est en voie d'acquérir via l'expérience du champ Baobab — ; qu'un fonds souverain soit constitué pour offrir les garanties financières exigées par les prestataires ; et que la société nationale dispose des capacités humaines et financières pour opérer seule. L'auteur fixe comme fenêtre d'opportunité le moment où la production sera stabilisée et les technologies maîtrisées, soit approximativement à l'horizon 2027-2028.

Diplômé de l'École supérieure de journalisme de Lille (ESJ Lille), avec une spécialisation en... En savoir plus sur cet auteur






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