Cette visite intervient après plusieurs mois de tensions diplomatiques. Elle marque surtout la volonté des deux capitales de renouer une coopération étroite, notamment sur les questions sécuritaires.
Alger et Bamako relancent leur dialogue diplomatique
Le Premier ministre algérien Sifi Ghrieb a été accueilli à Bamako par son homologue malien Abdoulaye Maïga. La cérémonie organisée à l’aéroport a été marquée par un accueil officiel et des honneurs militaires.
Après leur premier échange, les deux responsables se sont rendus au palais de Koulouba. Sifi Ghrieb y a rencontré le général Assimi Goïta, chef de la junte malienne, auquel il a transmis un message personnel du président algérien Abdelmadjid Tebboune.
Les discussions ont ensuite réuni les délégations des deux pays. La sécurité régionale a occupé une place centrale dans les échanges. Alger et Bamako souhaitent notamment renforcer leur coordination face aux défis qui touchent la région.
Sifi Ghrieb a également appelé à intensifier les efforts communs pour favoriser la stabilité et le développement. Les consultations doivent servir de base à une future feuille de route consacrée au terrorisme, à la coopération militaire et au renseignement.
Cette proposition devrait être présentée aux dirigeants des deux États lors d’une prochaine visite d’Assimi Goïta en Algérie. Pour l’heure, aucune date n’a été fixée.
Une coopération bilatérale à reconstruire sur plusieurs fronts
La sécurité n’a pas été le seul sujet abordé à Bamako. Les responsables algériens et maliens ont aussi évoqué plusieurs secteurs susceptibles de renforcer leurs relations économiques.
L’énergie, les ressources minières et l’agro-alimentaire figurent notamment parmi les domaines identifiés. Les deux pays veulent ainsi élargir leur coopération au-delà des questions politiques et sécuritaires.
La relance des mécanismes institutionnels fait également partie des priorités. Une nouvelle réunion de la Grande Commission mixte de coopération algéro-malienne est envisagée, même si son calendrier reste encore à définir.
Cette instance pourrait notamment permettre d’aborder les dossiers sensibles qui compliquent les relations entre les deux voisins. La question sécuritaire reste particulièrement délicate, alors que des groupes armés actifs au Mali évoluent dans une zone proche de la frontière algérienne.
Bamako souhaite depuis plusieurs années davantage d’implication de la part d’Alger sur ce dossier. Les autorités algériennes n’ont toutefois pas encore répondu favorablement à cette demande.

