Le vol charter a atterri jeudi 13 août 2026 au Terminal 2 de l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny. À leur arrivée, les migrants ivoiriens ont été accueillis par le ministre délégué Adama Dosso, l’ambassadeur de l’Union européenne et des représentants de l’OIM.
Un retour encadré pour préparer la réinsertion
Le groupe compte 79 hommes, 18 femmes et 22 mineurs. Cette arrivée intervient seulement deux jours après le retour d’autres ressortissants ivoiriens en provenance du Niger.
Pour les autorités, ces opérations répondent à une situation qui reste préoccupante. Adama Dosso a indiqué que plus de 4 000 Ivoiriens étaient déjà rentrés au pays depuis le début de l’année.
Ces retours concernent notamment des personnes qui avaient entrepris des parcours migratoires vers l’Afrique du Nord ou l’Europe. Beaucoup recherchaient de meilleures conditions de vie, mais certains ont été confrontés à la détention, aux violences ou à des situations particulièrement difficiles.
À leur arrivée en Côte d’Ivoire, les migrants bénéficient d’un premier accompagnement. Un profilage permet notamment d’identifier leur situation et leurs besoins.
Plusieurs structures participent à ce dispositif. Les ministères concernés, les services de police scientifique et l’OIM interviennent afin de préparer les différentes étapes du retour.
L’objectif est ensuite de favoriser une réinsertion durable. Des formations professionnelles et d’autres mécanismes d’accompagnement doivent permettre aux bénéficiaires de retrouver une activité et de reconstruire leur avenir en Côte d’Ivoire.
Le témoignage d’une rapatriée sur les dangers de la migration irrégulière
Parmi les personnes revenues figure Moussa Yépé Gouahoné, née le 22 avril 1992 à Gagnoa. Aide-soignante en Côte d’Ivoire, elle avait choisi de partir en Tunisie en 2018 dans l’espoir d’améliorer ses revenus.
Elle avait consacré 500 000 francs CFA à son voyage. Après son départ, elle avait effectivement obtenu un emploi mieux rémunéré.
Son parcours a toutefois pris une autre tournure. Elle raconte avoir été arrêtée avant d’être transférée en Libye. Elle affirme y avoir connu la prison et subi de nombreuses humiliations.
De retour au pays, elle mesure désormais les conséquences de cette aventure. Sans ressources à son arrivée, elle se réjouit surtout de retrouver ses trois enfants et sa famille.
Son expérience l’amène à adresser un message aux jeunes tentés par le départ. « Ce n'est pas la peine de quitter son fils. Il vaut mieux rester ici, même si tu as faim », conseille-t-elle.
À travers cette nouvelle opération, les autorités ivoiriennes veulent donc combiner retour, accompagnement et réinsertion. Avec leurs partenaires internationaux, elles cherchent aussi à prévenir les départs vers des routes migratoires particulièrement dangereuses.

