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Déguerpissements à Port-Bouët : la mairie menace de poursuites le District d'Abidjan


Vendredi 12 Juin 2026

Dans un communiqué du 12 juin 2026, la mairie de Port-Bouët dénonce les déguerpissements menés sans concertation par le District Autonome d'Abidjan.



Déguerpissements à Port-Bouët : la mairie menace de poursuites le District d'Abidjan © Crédit photo DR
Déguerpissements à Port-Bouët : la mairie menace de poursuites le District d'Abidjan © Crédit photo DR
La mairie de Port-Bouët a publié vendredi 12 juin 2026 un communiqué officiel pour réagir au courrier-réponse du District Autonome d'Abidjan (DAA) concernant les opérations de déguerpissement dans plusieurs quartiers de la commune. La municipalité annonce se réserver le droit d'engager des procédures administratives et juridictionnelles contre le District.

Tout part d'une requête adressée le 29 mai 2026 par le maire Emmou Ackah Georges Sylvestre au Ministre-Gouverneur du DAA. Ce courrier demandait des informations officielles sur la situation du quartier Vridi 3, dont des rumeurs persistantes signalaient l'imminence d'un déguerpissement. Le District a accusé réception de cette lettre le 1er juin 2026, mais n'a répondu que le 9 juin 2026, soit dix jours plus tard — après que les opérations avaient déjà eu lieu.

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Dans sa réponse (réf. N/0079/2026/DAA/CAB/apa), le Directeur de cabinet du DAA, Touré Mathieu, a présenté ses excuses pour le retard, tout en confirmant que les déguerpissements en cours depuis plus de deux semaines touchaient bien des zones de Port-Bouët : Zimbabwé (Vridi 3), Toviato et Vridi Canal.

Un conflit ouvert entre deux entités décentralisées

La mairie dit «saluer» le fait que le District ait finalement répondu, mais ne cache pas son amertume. Elle dénonce une décision unilatérale qui a conduit au déguerpissement effectif de Vridi 3, Vridi Canal, Vridi Plage, Toviato, Anlaya, Littoral-Phare et Cité Perdue, sans coordination préalable avec la commune.

La municipalité estime que ces opérations ont causé «d'énormes préjudices moraux, économiques et matériels» aux populations déguerpies, et que ses propres droits en tant qu'entité décentralisée ont été bafoués. Elle se réserve désormais la possibilité de saisir les instances administratives et judiciaires compétentes.

Ce bras de fer institutionnel survient dans un contexte où les déguerpissements à Port-Bouët ont déjà provoqué des répercussions diplomatiques : le Ghana a annoncé le même vendredi 12 juin 2026 le rapatriement de 327 de ses ressortissants déplacés par ces mêmes opérations.







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