MC One - Kedjévara : le passeport frauduleux et la fraude identitaire © Crédit photo DR - Yessouan.ci
Steve Beko, cadre du Parti des Peuples Africains - Côte d'Ivoire (PPA-CI) de Laurent Gbagbo, a publié ce mardi 5 mai 2026 une tribune qui utilise l'affaire du passeport frauduleux attribué à MC One, dans laquelle serait impliqué Kedjévara, pour pointer un problème autrement plus large.
En juin 2023, le Qatar a alerté les autorités ivoiriennes après l'interpellation de plusieurs ressortissants syriens tentant d'entrer sur son territoire munis de passeports ivoiriens. Ces individus ont reconnu leur participation à un réseau de trafic de documents administratifs. Selon Jeune Afrique dans son édition du 5 octobre 2023, ce trafic porterait sur 120 000 passeports — un volume comparable à la population entière de Ferkessédougou selon le dernier recensement général.
Lire aussi : MC One vs Kedjevara : Makosso parle "avec le cœur d'un père"
Ce phénomène ne date pas de 2023. Le quotidien L'Inter, dans son numéro 5082 du jeudi 21 mai 2015, relatait l'arrestation au corridor de Gagnoa d'une dénommée Cissé Maïmouna, en possession de documents frauduleux estimés à 500 000 cartes nationales d'identité (CNI) — un chiffre supérieur à la population de Korhogo, troisième ville du pays. Fraternité Matin confirmait ces saisies dès le vendredi 22 mai 2015.
L'Éléphant Déchaîné, dans sa parution n°323 du 29 mai 2015, décrivait un système bien rodé : contre 20 000 FCFA et en 48 heures, des candidats majoritairement étrangers obtenaient une CNI sur la base de faux extraits de naissance ou de faux certificats de nationalité.
En juin 2023, le Qatar a alerté les autorités ivoiriennes après l'interpellation de plusieurs ressortissants syriens tentant d'entrer sur son territoire munis de passeports ivoiriens. Ces individus ont reconnu leur participation à un réseau de trafic de documents administratifs. Selon Jeune Afrique dans son édition du 5 octobre 2023, ce trafic porterait sur 120 000 passeports — un volume comparable à la population entière de Ferkessédougou selon le dernier recensement général.
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Ce phénomène ne date pas de 2023. Le quotidien L'Inter, dans son numéro 5082 du jeudi 21 mai 2015, relatait l'arrestation au corridor de Gagnoa d'une dénommée Cissé Maïmouna, en possession de documents frauduleux estimés à 500 000 cartes nationales d'identité (CNI) — un chiffre supérieur à la population de Korhogo, troisième ville du pays. Fraternité Matin confirmait ces saisies dès le vendredi 22 mai 2015.
L'Éléphant Déchaîné, dans sa parution n°323 du 29 mai 2015, décrivait un système bien rodé : contre 20 000 FCFA et en 48 heures, des candidats majoritairement étrangers obtenaient une CNI sur la base de faux extraits de naissance ou de faux certificats de nationalité.
Quand les circuits officiels sont compromis
Le 7 septembre 2023, le site L'Infodrome révélait la disparition de 17 000 imprimés sécurisés de certificats de nationalité et de casiers judiciaires au sein même des services judiciaires ivoiriens. Le ministre de la Justice a reconnu publiquement que ces documents avaient été frauduleusement soustraits puis exploités. Des soupçons ont également visé des agents liés à la Société Nationale d'Édition de Documents Administratifs Ivoiriens (SNEDAI).
Pour Steve Beko, l'affaire MC One - Kedjévara ne doit pas occulter l'essentiel : un régime qui a construit son discours d'opposition sur la fiabilité de l'état civil ivoirien n'a pas, en plus de quinze ans de gouvernance, sécurisé ces circuits. Les chiffres officiels font état d'environ 22 % d'étrangers dans la population nationale. La question de savoir à qui profite un état civil aussi perméable reste, à ce jour, sans réponse publique.
Pour Steve Beko, l'affaire MC One - Kedjévara ne doit pas occulter l'essentiel : un régime qui a construit son discours d'opposition sur la fiabilité de l'état civil ivoirien n'a pas, en plus de quinze ans de gouvernance, sécurisé ces circuits. Les chiffres officiels font état d'environ 22 % d'étrangers dans la population nationale. La question de savoir à qui profite un état civil aussi perméable reste, à ce jour, sans réponse publique.

