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Or artisanal : la Côte d'Ivoire plaide à Washington pour un cadre mondial


Lundi 20 Avril 2026

Le ministre ivoirien des Mines Mamadou Sangafowa Coulibaly a présenté mercredi 16 avril 2026 à la Banque mondiale la stratégie nationale contre les flux illicites d'or artisanal.



Or artisanal : la Côte d'Ivoire plaide à Washington pour un cadre mondial © Crédit photo Ministère des Mines - Yessouan.ci
Or artisanal : la Côte d'Ivoire plaide à Washington pour un cadre mondial © Crédit photo Ministère des Mines - Yessouan.ci
À Washington, en marge des réunions de printemps des institutions de Bretton Woods, la Côte d'Ivoire a porté sa stratégie sur l'exploitation minière artisanale et à petite échelle (EMAPE) devant les représentants du G7, des pays producteurs et acheteurs d'or, ainsi que des acteurs privés dont le World Gold Council. La rencontre, organisée sous l'égide du programme Extractives Global Programmatic Support de la Banque mondiale, s'est tenue mercredi 16 avril 2026.

Le ministre des Mines, du Pétrole et de l'Énergie, Mamadou Sangafowa Coulibaly, a posé un diagnostic chiffré devant l'assemblée : 142 tonnes d'or ivoirien ont échappé aux circuits officiels, représentant un manque à gagner de 4 600 milliards de francs CFA. À l'échelle africaine, près de 435 tonnes d'or sortent chaque année des filières formelles, fragilisant les recettes publiques et alimentant des flux financiers hors contrôle.

Face à ce constat, l'État ivoirien a engagé une stratégie articulée autour de trois axes : encadrer, réprimer et formaliser. Plus de 7 000 sites illégaux ont déjà été démantelés. Le Code minier a été appliqué, et le Programme national de rationalisation de l'orpaillage déployé sur le terrain. La Côte d'Ivoire affiche par ailleurs l'objectif de devenir premier producteur d'or du continent à l'horizon 2030.

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Le ministre ivoirien a également présenté une nouvelle approche visant à transformer l'orpaillage artisanal en secteur économique structuré. Cette vision repose sur quatre piliers : gouvernance renforcée, inclusion des communautés locales, professionnalisation des exploitants et optimisation de la chaîne de valeur. Des outils concrets ont été identifiés, parmi lesquels la digitalisation du cadastre minier et la création d'un comptoir national d'achat.

Un appel à une régulation internationale

Mamadou Sangafowa Coulibaly a insisté sur les limites d'une réponse strictement nationale face à des circuits d'écoulement qui relient l'Afrique de l'Ouest aux grandes centrales d'achat aux Émirats arabes unis, en Suisse et en Inde. Il a plaidé pour un mécanisme mondial de certification de l'or, comparable au Processus de Kimberley appliqué aux diamants, afin de bloquer l'entrée de l'or illégal dans les chaînes formelles.

Le ministre a aussi alerté sur la circulation persistante du mercure et du cyanure via des réseaux parallèles, malgré leur interdiction dans de nombreux pays. Ces produits chimiques, utilisés sur les sites clandestins, provoquent des dégâts irréversibles sur les sols, les nappes phréatiques et la santé des riverains. Abidjan appelle à une régulation mondiale stricte de ces intrants. À l'échelle régionale, la Côte d'Ivoire soutient un renforcement de la coordination au sein de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) pour harmoniser les politiques minières et contenir les flux transfrontaliers.

Diplômé de l'École supérieure de journalisme de Lille (ESJ Lille), avec une spécialisation en... En savoir plus sur cet auteur






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