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Président CNDH-CI: 23 ONG ivoiriennes dénoncent une désignation illégale

Samedi 4 Avril 2026

Des organisations de la société civile contestent la nomination du nouveau président du CNDH-CI, M. Adjelou Christian, invoquant non-respect des critères d'impartialité et de genre.


Président CNDH-CI: 23 ONG ivoiriennes dénoncent une désignation illégale © Crédit photo DR
Président CNDH-CI: 23 ONG ivoiriennes dénoncent une désignation illégale © Crédit photo DR
 Vingt-trois organisations de la société civile ivoirienne ont publié, le 1er avril 2026, un communiqué de presse dénonçant de "graves manquements" à la loi n°2018-900 du 30 novembre 2018. Cette loi porte création, attributions, organisation et fonctionnement du Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH-CI). Les ONG interpellent les autorités ivoiriennes et l'opinion publique nationale et internationale sur le processus ayant conduit à l'élection de M. Adjelou Christian comme nouveau président du CNDH-CI.

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Le communiqué indique que l'élection des membres du bureau exécutif, survenue le mercredi 25 mars 2026 parmi les douze commissaires centraux du CNDH-CI, n'a pas respecté deux dispositions fondamentales de la loi. Il s'agit de l'article 16 alinéa 3, relatif aux critères cumulatifs requis pour la désignation du président, et de l'article 15, dernier alinéa, concernant la prise en compte du genre.

Critères d'impartialité et règles de désignation

L'article 16 alinéa 3 de la loi n°2018-900 exige que le président du CNDH-CI soit "une personnalité reconnue pour sa probité, sa respectabilité et son impartialité." Les ONG signataires, tout en reconnaissant la probité et la respectabilité de M. Adjelou Christian, enseignant et expert en matière de promotion et de protection des droits de l'homme, émettent des réserves quant à son impartialité. Elles rappellent que M. Adjelou Christian s'est, à plusieurs reprises, présenté publiquement comme un militant d'un parti politique ivoirien et a affirmé avoir représenté ce parti à l'étranger, ainsi que son candidat lors de l'élection présidentielle du 25 octobre 2025 en Côte d’Ivoire. Le communiqué souligne l'absence de renonciation formelle à son militantisme actif avant sa candidature à la présidence du CNDH-CI.

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Selon les organisations, ce manquement compromet le critère d'impartialité, renforcé par les Principes de Paris. Ces principes internationaux régissent le statut et le fonctionnement des institutions nationales des droits de l'homme, insistant sur leur indépendance et l'impartialité de leurs membres. Ignorer ces exigences équivaudrait à un "recul démocratique" pour une institution dont l'indépendance est essentielle au renforcement de la démocratie et de l'État de droit en Côte d'Ivoire. Le CNDH-CI constitue un pilier du rayonnement des droits et libertés dans le pays.

 

Le second point de discorde

Le second point de discorde concerne la composition du bureau exécutif du CNDH-CI, qui est exclusivement composé de personnes appartenant au même genre. L'article 15, dernier alinéa, de la loi n°2018-900 stipule que "La composition du bureau exécutif du CNDH-CI tient compte du genre." Les ONG estiment que cette disposition n'a manifestement pas été respectée, contredisant les efforts nationaux et les engagements internationaux de la Côte d'Ivoire en faveur d'une société plus inclusive et d'une meilleure représentativité. La prise en compte du genre est un axe majeur de la politique ivoirienne, notamment à travers l'adoption de textes relatifs à la parité. Une institution chargée des droits de l'homme ne saurait ignorer cette exigence, au risque d'un déséquilibre.

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Face à ces "inobservations" de la loi, les organisations signataires formulent plusieurs recommandations : elles demandent aux autorités ivoiriennes, notamment au Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, d'annuler cette élection et de reprendre le processus en veillant au respect du critère d’impartialité pour la fonction de président ainsi qu’à la prise en compte du genre. Elles appellent également les partenaires techniques et financiers intervenant en Côte d’Ivoire à attirer l’attention des autorités ivoiriennes sur cette situation. L'Alliance mondiale des institutions nationales des droits de l’homme (GANHRI) est invitée à interpeller les autorités ivoiriennes afin de préserver les acquis du CNDH-CI et prévenir tout fonctionnement en dehors des Principes de Paris. De même, le Bureau régional Afrique de l’Ouest du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (WARO-BRAO) est sollicité pour attirer l’attention des autorités ivoiriennes sur ce recul et encourager le strict respect des Principes de Paris. Enfin, les organisations exhortent les représentations diplomatiques accréditées en Côte d’Ivoire à interpeller les autorités ivoiriennes sur cette situation préoccupante pour l’État de droit et la démocratie, et appellent les organisations de la société civile à rester vigilantes et à jouer pleinement leurs rôles pour le strict respect des dispositions légales, pour la démocratie et pour le respect des droits de l’homme.

 

​Les organisations signataires

Les organisations signataires sont l'Observatoire Ivoirien des Droits de l’Homme (OIDH), Alerte Conflit (AL CI), Côte d’Ivoire Débout, Nous, le Peuple, 1000 Volontaires, le Réseau des Associations Féminines Ivoiriennes (RAFI), Aide, Assistance et développement Communautaire de Côte d’Ivoire (ACD-CI), l'École Africaine pour la Paix (EAP), l'Organisation pour la Réflexion et Action Féministe (ORAF), la Fédération Africaine pour le Développement Durable (FADED), Initiative Paix et Solidarité (IPS), Peuple d’Afrique Né pour l’Excellence et la Liberté (PANEL), le Congrès des Peuples Africains Unis (CPAU), le Forum des Organisations de la Société Civile Ivoirienne (FORSCI), l'Union des Jeunes pour la Paix et la Réconciliation en Côte d’Ivoire (UJPRCI), le Conseil Ivoirien pour la Résistance (CIR), l'ONG la Voix des Peuples Vulnérables (VPV), Jeunesse Consciente de Côte d’Ivoire (JCI), la Coalition des Menacés et Déguerpis de Côte d’Ivoire (COMEDE-CI), l'ONG EDEN Environnement Côte d’Ivoire (O2ECI), le Consortium pour la Démocratie et la Bonne Gouvernance (CDBG), Children’s Environment Foundation et l'Union des Panafricanistes pour le Salut du Peuple (UPSP).
Diplômé de la prestigieuse École supérieure de journalisme de Lille (ESJ Lille), avec une... En savoir plus sur cet auteur

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