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Russie-CEDEAO : Moscou veut rapprocher l’organisation ouest-africaine de l’AES


Mercredi 19 Août 2026

Russie et CEDEAO préparent un mémorandum sécuritaire. Moscou veut faciliter le dialogue avec l’AES et renforcer son rôle au Sahel.



Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères de la Russie, en conférence de presse, à Moscou, le 3 mars 2026. © Pavel Bednyakov/AP
Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères de la Russie, en conférence de presse, à Moscou, le 3 mars 2026. © Pavel Bednyakov/AP
La Russie s’apprête à renforcer sa coopération sécuritaire avec la CEDEAO. Moscou annonce la signature prochaine d’un mémorandum destiné notamment à favoriser le dialogue entre l’organisation ouest-africaine et l’Alliance des États du Sahel (AES).


L’annonce intervient alors que les relations entre la CEDEAO et les trois pays de l’AES restent marquées par leur rupture en janvier 2025.

Moscou veut jouer les intermédiaires entre la CEDEAO et l’AES

Le projet de mémorandum a été annoncé lundi 17 août à Moscou par Sergueï Lavrov. Le ministre russe des Affaires étrangères s’exprimait lors d’une conférence de presse avec son homologue ghanéen, Samuel Okudzeto Ablakwa.


Le futur accord doit couvrir plusieurs secteurs, avec un accent particulier sur la sécurité. Selon Lavrov, cette coopération doit répondre aux préoccupations sécuritaires des populations d’Afrique de l’Ouest.


Moscou souhaite surtout créer des passerelles entre la CEDEAO et l’AES. La Russie se dit prête à faciliter les échanges entre les deux ensembles régionaux.


Cette initiative intervient après le départ du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO. Les trois États ont officiellement quitté l’organisation en janvier 2025, après avoir contesté les sanctions adoptées à leur encontre à la suite des coups d’État survenus entre 2020 et 2023.


Le Ghana entend également s’impliquer dans les efforts régionaux. Samuel Okudzeto Ablakwa a souligné la complexité de la situation au Sahel et confirmé la volonté d’Accra de coopérer avec Moscou sur les questions sécuritaires concernant le Mali, le Burkina Faso et le Niger.

Une présence russe déjà importante au Sahel

Le rapprochement avec la CEDEAO s’inscrit dans une coopération militaire déjà établie entre la Russie et les pays de l’AES.
 

Environ 2 000 combattants russes seraient actuellement déployés dans les trois États. Ils sont issus initialement du groupe Wagner et ont progressivement rejoint l’Africa Corps, une structure placée sous l’autorité du ministère russe de la Défense.
 

Le contingent compterait environ 1 000 hommes au Mali, 300 au Burkina Faso et une centaine au Niger. Moscou fournit aussi différents équipements militaires, notamment des véhicules blindés, des hélicoptères de combat et des systèmes de défense antiaérienne.
 

La coopération ne se limite pas aux livraisons d’armes. Lors des consultations russo-nigériennes des 8 et 9 juillet 2026 à Niamey, Moscou a réaffirmé son soutien au renforcement des capacités des armées nationales et de la Force unifiée de la Confédération de l’AES.
 

Cette force commune vise à coordonner les moyens militaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger face aux groupes djihadistes présents dans la région.
 

Les autorités russes et sahéliennes avaient également condamné plusieurs attaques. Elles avaient notamment évoqué les violences contre des institutions maliennes fin avril 2026, ainsi que l’attaque visant la base aérienne 101 et l’aéroport de Niamey en janvier.
 

Moscou a par ailleurs fait part de ses inquiétudes concernant ce qu’il présente comme l’implication de ressortissants ukrainiens dans certaines opérations menées par des groupes armés depuis l’étranger.
 

Pour l’heure, aucune date officielle n’a été annoncée pour la signature du mémorandum entre la Russie et la CEDEAO. Mais cette initiative confirme la volonté de Moscou de renforcer sa présence diplomatique et sécuritaire en Afrique de l’Ouest.
 
En se proposant comme intermédiaire entre la CEDEAO et l’AES, la Russie cherche ainsi à maintenir un dialogue avec deux pôles désormais séparés. Une stratégie qui pourrait renforcer son poids dans les équilibres sécuritaires et diplomatiques du Sahel.








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