En Côte d'Ivoire, la Coordination rurale exige une refonte de la gouvernance cacao © Crédit photo DR
Il a fallu la pire crise de la filière cacao depuis une décennie pour que la Coordination Rurale de Côte d'Ivoire (CR-CI) rompe avec sa discrétion habituelle. Le 6 mars 2026, réunie en session extraordinaire à Abidjan, l'organisation présidée par Ehora Yao Léonard a publié un communiqué d'une précision clinique. Sa cible n'est pas tant le prix bord champ — fixé à 1 200 francs CFA le kilo pour la campagne intermédiaire 2025-2026, contre 2 800 francs lors de la campagne principale — que l'opacité qui entoure la gestion des ressources publiques mobilisées pour amortir le choc.
Car le contexte est brutal. Depuis décembre 2025, les cours mondiaux ont perdu près de 70 %, s'effondrant d'un record historique de près de 13 000 dollars la tonne à moins de 3 000 dollars. Dans les bassins de production — Soubré, Daloa, San-Pédro — les coopératives sont engorgées et les trésoreries à sec. L'État avait réagi le 2 mars en annonçant 280 milliards de francs CFA pour racheter 123 000 tonnes bloquées. Sur les 40 000 tonnes confiées en priorité à l'OIA Café-Cacao, seules 12 000 ont effectivement quitté les entrepôts. Pour des familles qui comptent sur ces revenus pour rembourser des crédits ou scolariser leurs enfants, l'attente est déjà insupportable.
Car le contexte est brutal. Depuis décembre 2025, les cours mondiaux ont perdu près de 70 %, s'effondrant d'un record historique de près de 13 000 dollars la tonne à moins de 3 000 dollars. Dans les bassins de production — Soubré, Daloa, San-Pédro — les coopératives sont engorgées et les trésoreries à sec. L'État avait réagi le 2 mars en annonçant 280 milliards de francs CFA pour racheter 123 000 tonnes bloquées. Sur les 40 000 tonnes confiées en priorité à l'OIA Café-Cacao, seules 12 000 ont effectivement quitté les entrepôts. Pour des familles qui comptent sur ces revenus pour rembourser des crédits ou scolariser leurs enfants, l'attente est déjà insupportable.
Une fracture entre paysans et institutions
La CR-CI ne dit pas que l'État n'a rien fait. Elle reconnaît implicitement l'effort de subvention — 231 milliards 247 millions de francs CFA injectés pour maintenir le prix au-dessus du seuil psychologique de 1 000 francs. Mais elle pointe une fracture plus profonde : les producteurs, premiers maillons d'une filière qui représente 14 % du PIB ivoirien et fait vivre quelque 5 millions de personnes, continuent d'apprendre les décisions qui les concernent par voie de presse.
L'organisation formule donc quatre exigences non négociables : transparence totale sur les 123 000 tonnes inventoriées, clarification sur les 40 000 tonnes confiées à l'OIA, publication des mécanismes de traçabilité des fonds publics engagés, et « ouverture urgente d'un cadre formel de concertation avec le Conseil Café-Cacao et l'OIA ». Ce n'est plus une simple réaction de crise — c'est un programme de réforme de la gouvernance, porté par ceux qui en subissent les failles au quotidien.
Tout en maintenant un appel ferme « au calme et à la responsabilité » pour éviter que la frustration n'embrase les zones rurales, la CR-CI adresse une mise en demeure implicite à Abidjan : sans transparence rapide, c'est la confiance dans les institutions elles-mêmes qui risque de s'effriter — un capital bien plus difficile à reconstruire que n'importe quel cours boursier.
L'organisation formule donc quatre exigences non négociables : transparence totale sur les 123 000 tonnes inventoriées, clarification sur les 40 000 tonnes confiées à l'OIA, publication des mécanismes de traçabilité des fonds publics engagés, et « ouverture urgente d'un cadre formel de concertation avec le Conseil Café-Cacao et l'OIA ». Ce n'est plus une simple réaction de crise — c'est un programme de réforme de la gouvernance, porté par ceux qui en subissent les failles au quotidien.
Tout en maintenant un appel ferme « au calme et à la responsabilité » pour éviter que la frustration n'embrase les zones rurales, la CR-CI adresse une mise en demeure implicite à Abidjan : sans transparence rapide, c'est la confiance dans les institutions elles-mêmes qui risque de s'effriter — un capital bien plus difficile à reconstruire que n'importe quel cours boursier.





