Femmes enceintes détenues en prison en Côte d'Ivoire : le gouvernement répond à Amnesty International © Crédit photo DR
Les femmes enceintes détenues en Côte d'Ivoire depuis la vague d'arrestations d'octobre 2025 sont au cœur d'un bras de fer entre l'ONG Amnesty International et les autorités ivoiriennes. Le 10 mars, l'organisation avait tiré la sonnette d'alarme sur le sort de trois d'entre elles, incarcérées au pôle pénitentiaire d'Abidjan. Le lendemain, le directeur des Droits de l'Homme au ministère de la Justice, Delbé Zirignon Constant, a publié une réponse point par point contestant les accusations.
Les faits remontent au 11 octobre 2025, à quelques jours de la présidentielle. Lors de la dispersion de rassemblements interdits à Abidjan, les forces de l'ordre ont procédé à plusieurs centaines d'arrestations. Parmi les personnes interpellées figuraient des passantes qui, selon leurs avocats et leurs familles, ne participaient pas aux manifestations.
Les faits remontent au 11 octobre 2025, à quelques jours de la présidentielle. Lors de la dispersion de rassemblements interdits à Abidjan, les forces de l'ordre ont procédé à plusieurs centaines d'arrestations. Parmi les personnes interpellées figuraient des passantes qui, selon leurs avocats et leurs familles, ne participaient pas aux manifestations.
Deux condamnées à trois ans, une en détention provisoire
Amnesty International a documenté le cas de trois femmes enceintes détenues dans des conditions jugées inadaptées à leur état. Deux d'entre elles ont été condamnées dès le 16 et le 22 octobre 2025 à trois ans de prison. La première, commerçante et mère de quatre enfants, vendait du jus de fruits à proximité d'une manifestation au moment de son arrestation. La seconde, mère de cinq enfants et enceinte de six mois, a été appréhendée en possession d'un tee-shirt aux couleurs d'un parti d'opposition. Toutes deux ont fait appel et attendent leur audience.
Une troisième femme, enceinte de sept mois, reste en détention provisoire. Elle aurait été arrêtée à son domicile où elle s'était réfugiée après avoir été témoin d'une charge des forces de l'ordre, selon ses proches. Leur avocat, Sylvain Tapi, a déclaré que ces femmes « se trouvent dans un environnement qui n'est pas propice au bon déroulement d'une grossesse » et qu'elles sont « très affectées moralement et physiquement ».
Une troisième femme, enceinte de sept mois, reste en détention provisoire. Elle aurait été arrêtée à son domicile où elle s'était réfugiée après avoir été témoin d'une charge des forces de l'ordre, selon ses proches. Leur avocat, Sylvain Tapi, a déclaré que ces femmes « se trouvent dans un environnement qui n'est pas propice au bon déroulement d'une grossesse » et qu'elles sont « très affectées moralement et physiquement ».
Le ministère de la Justice dément, chiffres à l'appui
La réponse du gouvernement ivoirien ne s'est pas fait attendre. Dans son communiqué du 11 mars, le directeur des Droits de l'Homme affirme que les personnes visées ont été « régulièrement poursuivies, jugées et condamnées, après avoir bénéficié de l'ensemble des garanties du procès équitable ». Il conteste toute détention arbitraire et toute condamnation inéquitable, qualifiant les affirmations d'Amnesty de « jugement de valeur inapproprié ».
Sur la question spécifique des femmes enceintes détenues, le ministère avance ses propres chiffres : huit femmes enceintes se trouveraient actuellement en détention sur l'ensemble du territoire, et non trois comme le signale l'ONG. Il précise que depuis début 2025, quinze femmes enceintes ont été incarcérées pour diverses infractions, dont cinq ont accouché en détention, toutes ayant bénéficié d'un suivi médical et d'un accompagnement social. Le ministère retourne la question à Amnesty : pourquoi l'ONG ne se préoccupe-t-elle que du sort de trois d'entre elles ?
Marceau Sivieude, directeur régional d'Amnesty International pour l'Afrique de l'Ouest, maintient de son côté que les autorités ivoiriennes « doivent ordonner la libération » des personnes détenues sans fondement et garantir « des soins prénataux appropriés » ainsi que le droit aux visites familiales.
Sur la question spécifique des femmes enceintes détenues, le ministère avance ses propres chiffres : huit femmes enceintes se trouveraient actuellement en détention sur l'ensemble du territoire, et non trois comme le signale l'ONG. Il précise que depuis début 2025, quinze femmes enceintes ont été incarcérées pour diverses infractions, dont cinq ont accouché en détention, toutes ayant bénéficié d'un suivi médical et d'un accompagnement social. Le ministère retourne la question à Amnesty : pourquoi l'ONG ne se préoccupe-t-elle que du sort de trois d'entre elles ?
Marceau Sivieude, directeur régional d'Amnesty International pour l'Afrique de l'Ouest, maintient de son côté que les autorités ivoiriennes « doivent ordonner la libération » des personnes détenues sans fondement et garantir « des soins prénataux appropriés » ainsi que le droit aux visites familiales.





