Face aux réactions, le ministère de l’Emploi a apporté des précisions sur les conditions de recrutement des travailleurs étrangers.
Une nationalité ne peut pas être un critère d’exclusion
Le recours à un cabinet de recrutement étranger reste autorisé. Une entreprise implantée en Côte d’Ivoire peut donc faire appel à un prestataire privé, y compris basé à l’étranger, pour identifier des candidats.
La situation change toutefois lorsqu'une annonce réserve un emploi à une nationalité précise. Selon le ministère, la mention « candidats libanais uniquement » soulève un problème au regard du Code du Travail ivoirien.
Le texte interdit notamment les discriminations liées à l’ascendance nationale. Une entreprise ne peut donc pas écarter systématiquement des candidats en raison de leur nationalité.
L’annonce concernait un poste de Chef de Projet dans le BTP. Elle demandait un diplôme d’ingénieur en génie civil ainsi que trois à cinq années d’expérience professionnelle.
Le recrutement d’un étranger reste soumis à des conditions
L’employeur doit d’abord déclarer le poste vacant auprès de l’organisme public de placement. Il doit également publier l’offre dans un quotidien national à grand tirage.
Si aucun candidat ivoirien correspondant au profil n’est trouvé dans le mois suivant cette première publication, l’employeur peut envisager le recrutement d’un travailleur étranger.
Dans cette affaire, l’identité de l’entreprise de construction concernée n’a pas encore été établie. Cette information permettra notamment de vérifier si les obligations de déclaration et de publication ont bien été respectées.
La polémique dépasse désormais le simple cadre d’une annonce publiée en ligne. Elle relance le débat sur la priorité accordée aux travailleurs nationaux et sur les conditions d’accès des étrangers au marché de l’emploi ivoirien.
En conclusion, le ministère distingue clairement deux situations : recruter un étranger est possible, mais réserver directement une offre à une seule nationalité ne l’est pas. La suite de l’affaire dépendra notamment des vérifications sur la procédure suivie par l’entreprise concernée.

